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Hommes · À ski  ·  #03 au classement absolu Benjamin Védrines

24 mai 2025  ·  Aller-retour Chamonix – Mont-Blanc – Chamonix.

Temps total
4h54'41"
Au sommet
3h52'47"
Descente
1h01'54"
Distance
32,26 km
VAM montée
971 m/h
V. desc. moy.
3 651 m/h
Voir sur la carte interactive Trace Strava Voir la trace GPX
Synthèse

La tentative de Benjamin Védrines en 4 h 54 min 41 s est l'une des performances les plus intéressantes de toute la série, non seulement par son niveau chronométrique, mais surtout par son choix stratégique. Contrairement à William Boffelli, Jack Kuenzle, Élise Poncet, Anna DeMonte ou Anne-Lise Desjacques, Védrines ne termine pas la montée par Vallot et l'arête des Bosses : à partir du Grand Plateau, il choisit l'option du Corridor et du mur de la Côte. Ce choix donne à sa tentative une signature très particulière. Il ne s'agit pas simplement d'aller vite sur l'itinéraire classique, mais de tenter d'exploiter une ligne plus directe, plus raide, plus engagée, avec l'idée de réduire la distance et d'attaquer le sommet par un passage plus tendu.

Le résultat global montre une performance extrêmement dense, mais pas encore totalement optimisée. Avec un sommet estimé autour de 3 h 52 min 47 s, Védrines atteint le haut plus lentement que William Boffelli et que la cordée Jacquemoud–Équy, mais sa montée reste d'un niveau très élevé. Sa VAM moyenne de montée, proche de 971 m/h, est remarquable compte tenu de l'altitude, du matériel de ski et de la longueur de l'effort. Elle montre une capacité à maintenir une grande puissance verticale pendant près de quatre heures, mais elle révèle aussi que l'option du Corridor n'a pas suffi à produire un avantage décisif sur les meilleurs passages par Vallot. Cela ne signifie pas que le choix était mauvais : cela signifie que le gain théorique d'un itinéraire plus direct peut être partiellement annulé par la raideur, la technicité, les conversions plus coûteuses et l'exposition.

La première moitié de la montée est très solide. Védrines part vite sans excès, avec un excellent passage Église → Tunnel, puis une progression régulière jusqu'à La Para. Le secteur La Para → Glacier des Bossons est déjà très compétitif, et il confirme qu'il ne perd pas de temps dans l'approche glaciaire. Sa tentative devient particulièrement brillante entre La Jonction et les Grands Mulets : il signe le meilleur passage de l'échantillon sur ce tronçon, ce qui montre une remarquable capacité à traverser les zones techniques avec décision et efficacité. Ce secteur est souvent révélateur de la qualité d'une tentative, car il combine glacier, recherche de ligne et pente soutenue ; Védrines y est exceptionnel.

Au-dessus des Grands Mulets, la lecture devient plus nuancée. Entre Grands Mulets et Petit Plateau, il reste très fort en valeur absolue, avec plus de 1 060 m/h de VAM, mais il n'est pas le meilleur de l'échantillon. Jack Kuenzle, notamment, est plus rapide sur ce secteur. Entre Petit Plateau et Grand Plateau, Védrines revient à un niveau proche des meilleurs, mais sans créer d'écart. C'est ensuite que son choix d'itinéraire se distingue : Grand Plateau → Corridor → Sommet. Comme il est le seul de la base à emprunter cette variante, la comparaison directe avec les autres par tronçon devient impossible, mais l'analyse stratégique est très riche. Le Corridor et le mur de la Côte peuvent offrir une ligne plus directe, mais ils demandent de gérer une pente plus raide et plus technique. Dans des conditions idéales, cette option pourrait être décisive ; dans sa tentative, elle lui permet de maintenir une montée rapide, mais pas de prendre l'avantage sur Boffelli ni sur Jacquemoud–Équy.

La descente de Védrines est en revanche l'une des grandes références de l'échantillon. Son temps estimé de 1 h 01 min 54 s entre le sommet et l'église est extrêmement rapide. Il est le meilleur sur la bascule Sommet → Grand Plateau, puis sur Grand Plateau → Petit Plateau et Petit Plateau → La Jonction. Ce triptyque est impressionnant : il montre une capacité à skier très vite dans la haute montagne, à convertir immédiatement l'altitude en vitesse, et à accepter une ligne engagée sans rupture de rythme. C'est dans cette phase que le ski devient une arme absolue. Là où une tentative à pied doit courir, désescalader ou composer avec la fatigue musculaire, Védrines transforme les grandes pentes supérieures en autoroute verticale.

Le bas de la descente est moins dominant, mais reste très efficace. Il perd un peu de terrain sur La Jonction → Glacier des Bossons, puis se stabilise sur les secteurs Glacier des Bossons → La Para et La Para → Tunnel. Le final Tunnel → Église est très rapide, deuxième meilleur passage comparable, preuve qu'il garde une vraie capacité de relance jusqu'au porche de l'église. Cette qualité est essentielle : les records ne se jouent pas seulement dans la face nord, mais aussi dans la manière de terminer, de courir avec le matériel, de gérer les transitions et de ne pas laisser filer des minutes dans le retour vers Chamonix.

En résumé, la tentative de Benjamin Védrines est celle d'un athlète qui combine puissance verticale, engagement alpin et très grande qualité de descente. Son choix du Corridor et du mur de la Côte en fait une tentative stratégiquement unique dans l'échantillon. Le fait qu'il ne batte pas les temps ultérieurs de Boffelli puis de Jacquemoud–Équy ne diminue pas sa valeur : il montre au contraire que le record du mont Blanc à ski ne dépend pas d'un seul choix de ligne, mais d'un équilibre extrêmement fin entre directivité, rendement de montée, technicité, qualité de neige et vitesse de descente. Védrines possède probablement l'une des descentes les plus impressionnantes de la base, mais il lui manque quelques minutes à la montée pour transformer cette tentative en record durable.

Méthode de données : cette fiche est calculée à partir des activités Strava de Benjamin Védrines, synchronisées avec les temps officiels de la tentative.

Tronçon par tronçon

Décomposition de la course

Tronçon 01
Eglise → Tunnel
Montée
Durée
0h17'33"
Distance
3,14 km
Dénivelé
+228 m
Vitesse
10,7 km/h
VAM
779 m/h
Rang 2 / 9 Meilleur : Matheo Jacquemoud Écart au meilleur : +29s Écart à la médiane : −2m 04s

Le départ de Benjamin Védrines entre l'église de Chamonix et le Tunnel est très rapide. Avec 17 min 33 s sur ce premier tronçon, il signe le deuxième meilleur passage comparable, à moins de trente secondes de Mathéo Jacquemoud. C'est une entrée en matière très offensive, mais pas désordonnée : la vitesse moyenne dépasse 10 km/h, ce qui montre une excellente capacité à courir ou progresser efficacement dans la partie basse malgré le matériel de ski.

Ce secteur est moins alpin que la suite, mais il est très révélateur. Les meilleurs y gagnent déjà du temps parce qu'ils savent profiter du terrain roulant avant les pentes plus raides. Védrines ne part pas en gestion prudente ; il installe tout de suite un tempo de record. Par rapport aux tentatives féminines à ski, l'écart est considérable, mais même face aux meilleurs hommes, ce départ est presque optimal.

Stratégiquement, ce passage indique qu'il veut atteindre le terrain glaciaire avec une vitesse initiale élevée. Il ne cherche pas seulement à préserver la montée : il accepte de créer de l'intensité dès le bas. Ce choix est cohérent avec son profil, très explosif et très engagé, et avec une tentative où la descente doit ensuite permettre de convertir le sommet en chrono très bas.

Tronçon 02
Tunnel → La Para
Montée
Durée
0h19'54"
Distance
1,51 km
Dénivelé
+425 m
Vitesse
4,6 km/h
VAM
1 282 m/h
Rang 5 / 9 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : +1m 32s Écart à la médiane : 0″

Le tronçon Tunnel → La Para marque le début d'une montée plus verticale. Védrines y produit une VAM de 1 282 m/h, ce qui est très élevé, mais il se classe seulement au milieu des passages comparables. Cette apparente contradiction montre le niveau exceptionnel de l'échantillon masculin à ski : une VAM supérieure à 1 200 m/h ne suffit pas à dominer le secteur.

Il concède 1 min 32 s à William Boffelli, meilleur sur ce tronçon, et se situe exactement au niveau de la médiane. Ce n'est donc ni un point fort absolu ni un point faible. Après un départ très rapide, il semble stabiliser son effort sur une pente plus soutenue, sans chercher à forcer outre mesure.

Dans la logique de sa tentative, ce passage est plutôt intelligent. Le terrain devient plus exigeant, mais il reste encore toute la partie glaciaire et le choix du Corridor plus haut. Védrines garde une montée solide sans puiser toutes ses réserves. La différence avec Boffelli ici indique toutefois que le futur recordman italien construira une partie de son avantage sur une montée plus homogène dès ces premières pentes.

Tronçon 03
La Para → Glacier des Bossons
Montée
Durée
0h44'52"
Distance
2,69 km
Dénivelé
+827 m
Vitesse
3,6 km/h
VAM
1 106 m/h
Rang 3 / 9 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : +2m 27s Écart à la médiane : −4m 16s

La Para → Glacier des Bossons est l'un des premiers vrais secteurs clés de la tentative. On entre dans une zone où le terrain devient plus alpin, où l'itinéraire peut varier, et où la capacité à rejoindre efficacement le glacier compte énormément. Védrines y est très performant : 44 min 52 s, troisième meilleur passage comparable, avec une VAM supérieure à 1 100 m/h.

Il perd un peu moins de 2 min 30 s sur William Boffelli, mais il devance très nettement la médiane. Cette avance sur le groupe montre que sa progression dans l'accès au glacier est fluide. Contrairement à Anna DeMonte ou Anne-Lise Desjacques, qui perdent beaucoup dans cette zone, Védrines transforme ce secteur en rampe de montée rapide.

Le terrain explique l'importance de ce passage : selon la ligne choisie entre La Para et le glacier des Bossons, on peut gagner ou perdre beaucoup de temps. Une option plus directe, une neige portante et une trace bien lisible permettent de maintenir une cadence élevée. Védrines semble avoir très bien exploité cette portion, sans subir les ruptures de rythme qui pénalisent les tentatives moins rapides.

Tronçon 04
Glacier des Bossons → La Jonction
Montée
Durée
0h13'40"
Distance
1,44 km
Dénivelé
+201 m
Vitesse
6,3 km/h
VAM
884 m/h
Rang 4 / 9 Meilleur : Samuel Equy Écart au meilleur : +1m 34s Écart à la médiane : −11s

Le passage Glacier des Bossons → La Jonction est court, mais techniquement sensible. C'est l'une des zones où la saison, l'état des crevasses et les ponts de neige peuvent modifier fortement la trajectoire. Védrines le franchit en 13 min 40 s, quatrième temps comparable, très légèrement plus rapide que la médiane.

Il ne domine pas ce tronçon comme il dominera certains passages de descente, mais il reste dans le bon tempo. Il concède 1 min 33 s à Samuel Équy, qui réalise le meilleur passage comparable. Cette perte est modérée compte tenu de la variabilité du terrain.

Ce secteur montre une progression efficace mais probablement prudente. La Jonction n'est pas un endroit où l'on gagne un record par panache pur : on le gagne en choisissant la bonne ligne et en évitant les hésitations. Védrines n'y crée pas d'écart décisif, mais il ne perd pas non plus le fil de sa montée. C'est un passage maîtrisé.

Tronçon 05
La Jonction → Grands Mulets
Montée
Durée
0h15'38"
Distance
1,13 km
Dénivelé
+256 m
Vitesse
4,4 km/h
VAM
984 m/h
Rang 1 / 9 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : 0″ Écart à la médiane : −2m 53s

La Jonction → Grands Mulets est l'un des meilleurs passages de Benjamin Védrines dans toute sa montée. Il signe le meilleur temps comparable, en 15 min 38 s, avec une VAM proche de 984 m/h. Sur un tronçon court, technique et glaciaire, cette efficacité est remarquable.

Ce secteur est souvent coûteux pour les tentatives moins fluides. Anna DeMonte y perd énormément, et même plusieurs skieurs rapides restent nettement derrière. Védrines, au contraire, semble y trouver une ligne très directe et une excellente continuité. Il ne se contente pas d'être puissant : il est efficace dans le terrain.

Cette performance a une grande valeur stratégique. Après La Jonction, beaucoup d'athlètes peuvent être ralentis par les choix de ligne, les ruptures de pente ou les zones crevassées. Védrines y gagne du temps sur presque tout le monde, ce qui compense en partie les secteurs où Boffelli ou Jacquemoud–Équy seront plus forts. C'est l'un des passages qui montrent le mieux son intelligence alpine et sa capacité à s'engager dans un terrain complexe.

Tronçon 06
Grands Mulets → Petit Plateau
Montée
Durée
0h36'51"
Distance
2,38 km
Dénivelé
+653 m
Vitesse
3,9 km/h
VAM
1 064 m/h
Rang 5 / 8 Meilleur : Jack Kuenzle Écart au meilleur : +6m 14s Écart à la médiane : +1m 00s

Grands Mulets → Petit Plateau est un tronçon majeur de la montée, long, soutenu et déjà marqué par l'altitude. Védrines y affiche une VAM de 1 064 m/h, ce qui est très fort en valeur absolue, mais il n'est que cinquième sur huit passages comparables. Il perd un peu plus de 6 minutes sur Jack Kuenzle, meilleur sur ce secteur, et environ une minute sur la médiane.

Ce passage est donc l'un des rares moments où sa montée n'est pas au niveau de ses meilleurs tronçons. Il ne s'effondre pas, mais il ne domine pas. Le terrain y est exigeant pour les skieurs : pente soutenue, conversions, trace glaciaire, gestion de l'effort avant les plateaux supérieurs. Un athlète peut y payer une intensité de départ ou simplement rencontrer une neige moins favorable.

La comparaison avec Jack Kuenzle est intéressante : Kuenzle semble particulièrement efficace dans certaines portions de montée régulière, tandis que Védrines exprime davantage son avantage dans les secteurs techniques et surtout dans la descente. Cette portion explique en partie pourquoi son temps au sommet reste derrière les meilleures références ultérieures.

Tronçon 07
Petit Plateau → Grand Plateau
Montée
Durée
0h17'03"
Distance
1,09 km
Dénivelé
+281 m
Vitesse
3,8 km/h
VAM
990 m/h
Rang 4 / 8 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : +46s Écart à la médiane : −24s

Entre le Petit Plateau et le Grand Plateau, Védrines retrouve un passage très compétitif. Il met 17 min 03 s, avec une VAM proche de 990 m/h, à seulement 46 secondes de William Boffelli. Il est également plus rapide que la médiane, ce qui montre que la baisse relative du tronçon précédent ne se prolonge pas.

Ce secteur est un passage de transition vers le choix décisif du haut : Vallot pour la plupart des autres, Corridor pour Védrines. Il fallait donc arriver au Grand Plateau avec suffisamment de fraîcheur pour assumer une option plus directe mais plus exigeante. Le temps réalisé montre qu'il reste pleinement dans sa tentative.

La performance est très homogène : pas de coup d'éclat absolu, mais un niveau proche des meilleurs. C'est exactement le type de passage qui permet de conserver une trajectoire de record. En revanche, il ne crée pas encore l'écart nécessaire pour compenser les éventuels coûts du Corridor.

Tronçon 08
Grand Plateau → Corridor
Montée
Durée
0h21'50"
Distance
1,71 km
Dénivelé
+292 m
Vitesse
4,7 km/h
VAM
802 m/h
Rang 1 / 1 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : 0″ Écart à la médiane : 0″

Le tronçon Grand Plateau → Corridor est spécifique à Benjamin Védrines dans l'échantillon analysé. Comme les autres skieurs montent majoritairement par Vallot et l'arête des Bosses, la comparaison directe n'est pas possible. Il faut donc analyser ce passage comme un choix stratégique autonome.

L'intérêt du Corridor est clair : chercher une ligne plus directe vers le haut de la montagne, en évitant le détour par Vallot. Mais ce gain potentiel a un coût. Le terrain est plus raide, plus technique, plus exposé, et la progression à ski peut devenir moins fluide si les conversions se multiplient ou si la neige impose de la prudence. La VAM de 802 m/h reste bonne, mais elle n'est pas écrasante par rapport aux meilleurs passages classiques vers Vallot.

Ce tronçon montre la prise de risque calculée de Védrines. Il choisit une option qui peut faire gagner du temps si tout s'aligne, mais qui demande une grande précision. Le fait qu'il ne creuse pas un avantage final décisif suggère que le Corridor n'était pas, ce jour-là, suffisamment rentable pour compenser entièrement sa technicité.

Tronçon 09
Corridor → Sommet
Montée
Durée
0h45'26"
Distance
2,24 km
Dénivelé
+618 m
Vitesse
3,0 km/h
VAM
816 m/h
Rang 1 / 1 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : 0″ Écart à la médiane : 0″

Le tronçon Corridor → Sommet est le cœur stratégique de la tentative de Benjamin Védrines. Il est seul dans l'échantillon à emprunter cette option, ce qui empêche une comparaison statistique directe, mais la lecture de terrain est très claire : le choix du Corridor et du mur de la Côte impose un final plus direct, plus raide et plus engagé que l'itinéraire classique par Vallot et l'arête des Bosses.

Védrines met 45 min 26 s sur ce passage, avec une VAM de 816 m/h. À cette altitude et sur ce type de pente, c'est une performance très solide. Mais le temps total au sommet montre que cette option ne lui permet pas de prendre l'avantage sur les meilleurs passages par Vallot. Boffelli, puis Jacquemoud–Équy, feront mieux sur l'ensemble de la montée avec une stratégie plus classique.

L'analyse doit donc être nuancée. Le Corridor n'est pas nécessairement une erreur ; il peut être excellent dans certaines conditions de neige et pour un athlète capable d'assumer une pente plus directe. Mais il n'est pas automatiquement plus rapide. Sur le mont Blanc, le chemin le plus direct n'est pas toujours le plus rentable : la pente, les conversions, l'exposition et la fatigue en altitude peuvent absorber le gain de distance. Védrines réussit un très beau passage, mais sans créer la rupture espérée.

Tronçon 10
Sommet → Grand Plateau
Bascule sommet
Durée
0h06'54"
Distance
2,72 km
Dénivelé
-910 m
Vitesse
23,7 km/h
VAM
-7 904 m/h
Rang 1 / 8 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : 0″ Écart à la médiane : −3m 28s

La bascule Sommet → Grand Plateau est l'un des passages les plus impressionnants de toute la tentative. Védrines est le meilleur de l'échantillon sur ce tronçon, avec seulement 6 min 54 s pour perdre plus de 900 m de dénivelé. La vitesse verticale négative approche -7 900 m/h, ce qui traduit une descente extrêmement engagée et fluide.

Ce passage illustre parfaitement l'avantage du ski lorsqu'il est exploité par un athlète de ce niveau. Là où la montée par le Corridor n'a pas créé un écart décisif, la descente depuis le sommet montre une supériorité très nette. Védrines quitte l'altitude avec une rapidité exceptionnelle, sans temps mort apparent.

Stratégiquement, ce secteur est un énorme point fort. Il reprend du temps à presque tout le monde et confirme que sa tentative est construite autant sur la descente que sur la montée. Ce n'est pas seulement une question de glisse : il faut une lecture parfaite de la pente, une grande confiance dans les appuis et une capacité à rester lucide immédiatement après l'effort maximal du sommet.

Tronçon 11
Grand Plateau → Petit Plateau
Descente
Durée
0h01'45"
Distance
0,91 km
Dénivelé
-287 m
Vitesse
31,0 km/h
VAM
-9 809 m/h
Rang 1 / 9 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : 0″ Écart à la médiane : −59s

Grand Plateau → Petit Plateau confirme la domination de Védrines dans la haute descente. Il signe encore le meilleur passage comparable, en 1 min 45 s, avec une vitesse verticale proche de -9 800 m/h. C'est l'un des secteurs où la différence entre un excellent skieur et un skieur de record devient spectaculaire.

Le terrain, ici, permet une glisse rapide et directe. Védrines l'exploite au maximum. Il ne se contente pas de descendre vite : il conserve une continuité remarquable après la première bascule depuis le sommet. Beaucoup d'athlètes peuvent être rapides sur un court passage, mais lui enchaîne deux tronçons de descente au meilleur niveau.

Ce passage renforce l'idée que sa tentative possède une descente de référence. Même si son temps total sera battu ensuite, la qualité de ces premiers secteurs de descente reste exceptionnelle. C'est probablement l'un des modèles à étudier pour comprendre comment gagner du temps entre le sommet et les plateaux.

Tronçon 12
Petit Plateau → La Jonction
Descente
Durée
0h06'44"
Distance
2,82 km
Dénivelé
-907 m
Vitesse
25,1 km/h
VAM
-8 079 m/h
Rang 1 / 9 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : 0″ Écart à la médiane : −2m 18s

Petit Plateau → La Jonction est un autre tronçon majeur où Benjamin Védrines est le meilleur de l'échantillon. Il descend en 6 min 44 s, avec plus de 25 km/h de vitesse moyenne et une vitesse verticale négative supérieure à -8 000 m/h. Ce n'est plus une courte accélération : c'est une longue séquence de haute montagne menée à très grande vitesse.

Ce passage est déterminant parce qu'il combine pente, glacier, trajectoire et gestion du risque. La ligne vers La Jonction n'est pas une piste lisse ; elle impose de lire le terrain, d'éviter les zones problématiques et de conserver assez de vitesse sans se mettre en danger. Védrines y est exceptionnel.

La comparaison avec les autres tentatives montre un avantage net : il gagne plus de deux minutes sur la médiane. Dans une descente totale d'environ une heure, c'est énorme. Cette section est l'un des piliers de son temps final et l'une des raisons pour lesquelles sa tentative reste une référence, même après les records ultérieurs.

Tronçon 13
La Jonction → Glacier des Bossons
Descente
Durée
0h02'46"
Distance
1,36 km
Dénivelé
-210 m
Vitesse
29,5 km/h
VAM
-4 559 m/h
Rang 8 / 9 Meilleur : Samuel Equy Écart au meilleur : +49s Écart à la médiane : +22s

La Jonction → Glacier des Bossons contraste avec les trois tronçons précédents. Védrines y reste rapide en valeur absolue, avec près de 29,5 km/h de moyenne, mais il se classe seulement 8e sur 9. Il perd 48 secondes sur Samuel Équy et 21 secondes sur la médiane.

Cet écart est faible en valeur absolue, mais il montre que la descente n'est pas uniformément dominée. Ce secteur est court et peut dépendre fortement de la ligne, de la neige et d'un éventuel ralentissement pour gérer une zone plus technique. Après avoir énormément engagé dans la haute descente, Védrines semble ici moins tranchant relativement aux autres.

Il ne faut toutefois pas surinterpréter ce passage : la perte est limitée et n'affecte pas profondément son chrono final. Elle montre simplement que même une descente de référence comporte des micro-zones où d'autres athlètes peuvent être plus efficaces. Dans une analyse fine, c'est le genre de détail qui permettrait de chercher encore quelques dizaines de secondes.

Tronçon 14
Glacier des Bossons → La Para
Descente
Durée
0h19'39"
Distance
2,69 km
Dénivelé
-825 m
Vitesse
8,2 km/h
VAM
-2 521 m/h
Rang 4 / 9 Meilleur : Matheo Jacquemoud Écart au meilleur : +4m 34s Écart à la médiane : −1m 56s

Le tronçon Glacier des Bossons → La Para est souvent l'un des plus délicats de la descente, car l'avantage du ski commence à diminuer. La neige peut devenir moins continue, le terrain plus mixte, et les transitions prennent de l'importance. Védrines y met 19 min 39 s, quatrième temps comparable.

Il perd 4 min 34 s sur Mathéo Jacquemoud, meilleur sur ce secteur, mais il reste nettement meilleur que la médiane. Ce passage est donc moins dominant que la haute descente, mais il demeure très solide. Il montre une bonne gestion du retour dans les zones moins skiantes.

La comparaison avec les tentatives féminines à ski est frappante : c'est précisément sur ce type de tronçon qu'Anna DeMonte et Anne-Lise Desjacques perdent beaucoup. Védrines limite la casse grâce à une meilleure fluidité dans les transitions. Il ne skie plus à la vitesse spectaculaire des plateaux supérieurs, mais il continue à avancer vite, ce qui est essentiel pour maintenir une descente autour d'une heure.

Tronçon 15
La Para → Tunnel
Descente
Durée
0h10'09"
Distance
1,36 km
Dénivelé
-430 m
Vitesse
8,0 km/h
VAM
-2 544 m/h
Rang 5 / 9 Meilleur : Jack Kuenzle Écart au meilleur : +1m 27s Écart à la médiane : 0″

La Para → Tunnel est un secteur de descente basse, hybride, où la vitesse dépend moins de la pente pure que de la capacité à enchaîner les modes de progression. Védrines y est exactement au niveau de la médiane, avec 10 min 09 s. Il perd 1 min 27 s sur Jack Kuenzle, meilleur sur ce tronçon.

Ce passage est moins brillant que sa haute descente, mais il reste correct. Il illustre le moment où l'avantage du ski se réduit fortement. Le terrain peut imposer de déchausser, de courir, de porter ou de gérer une neige discontinue. Les meilleurs sur ce type de secteur sont ceux qui perdent le moins de temps dans les transitions.

Pour Védrines, ce n'est pas un point faible majeur, mais ce n'est pas non plus un secteur de gain. Dans une tentative visant 4 h 30 ou moins, ces portions basses deviennent très importantes : une minute perdue ici compte autant qu'une minute perdue au sommet.

Tronçon 16
Tunnel → Eglise
Descente
Durée
0h13'57"
Distance
3,09 km
Dénivelé
-215 m
Vitesse
13,3 km/h
VAM
-924 m/h
Rang 2 / 9 Meilleur : Matheo Jacquemoud Écart au meilleur : +1m 04s Écart à la médiane : −43s

Le dernier tronçon Tunnel → Église est très réussi. Védrines met 13 min 57 s, deuxième meilleur temps comparable, à seulement 1 min 04 s de Mathéo Jacquemoud. C'est un signe important : après près de cinq heures d'effort, il conserve une excellente capacité de relance dans le final.

Ce secteur est souvent sous-estimé parce qu'il n'a plus la dimension alpine du sommet ou de la face nord. Pourtant, il est décisif. Il faut rentrer vite dans Chamonix, gérer le matériel, courir efficacement et ne pas se relâcher mentalement. Beaucoup d'athlètes perdent plusieurs minutes ici après avoir déjà réussi la montagne.

Védrines termine au contraire très fort. Ce final confirme la qualité athlétique globale de sa tentative. Son record ne repose pas seulement sur une descente spectaculaire en altitude : il tient aussi à sa capacité à maintenir de la vitesse jusqu'à l'église. C'est l'une des marques des très grandes performances sur ce défi.

Notes méthodologiques

  • · Les comparaisons de rang sont calculées uniquement entre tentatives disposant de passages comparables sur le même tronçon.
  • · Les temps officiels du fichier Excel priment sur les éventuelles différences présentes dans les traces GPX.
  • · Les distances et dénivelés proviennent de l'exploitation des traces GPS et peuvent varier légèrement selon la qualité du signal, les pauses, les transitions et les écarts entre le point GPS le plus proche et le point de passage théorique.
  • · Les analyses interprètent les chiffres à la lumière des options d'itinéraire connues : voie des Grands Mulets, passage par Petit Plateau et Grand Plateau, option Corridor / mur de la Côte pour la montée finale, descente à ski par la face nord puis retour par l'itinéraire de montée.