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Hommes · À ski  ·  #02 au classement absolu William Boffelli

31 mai 2025  ·  Aller-retour Chamonix – Mont-Blanc – Chamonix.

Temps total
4h43'24"
Au sommet
3h41'04"
Descente
1h02'20"
Distance
30,96 km
VAM montée
1 022 m/h
V. desc. moy.
3 625 m/h
Voir sur la carte interactive Trace Strava Voir la trace GPX
Synthèse

La tentative de William Boffelli en 4 h 43 min 24 s est une performance d'une densité exceptionnelle. Elle se distingue moins par un coup d'éclat isolé que par une continuité remarquable du bas jusqu'au sommet, puis par une descente très propre, rapide et suffisamment régulière pour transformer l'avantage acquis à la montée en record absolu au moment de sa réalisation. Par rapport à Benjamin Védrines, qui avait choisi une option plus directe par le Corridor et le mur de la Côte, Boffelli reste sur l'itinéraire classique par Vallot et l'arête des Bosses. Ce choix est très intéressant : il montre qu'une ligne plus traditionnelle peut rester plus rapide qu'une option plus directe si elle est exécutée avec une meilleure fluidité, une trace favorable et une grande capacité à maintenir de la vitesse en altitude.

Son temps au sommet, estimé autour de 3 h 41 min 04 s par la trace, est l'un des meilleurs de toute la base. Il est très proche de celui de Samuel Équy et de la cordée Jacquemoud–Équy, et nettement meilleur que celui de Védrines. La VAM moyenne de montée, autour de 1 022 m/h, est impressionnante sur un effort aussi long, avec le matériel de ski, et jusqu'à plus de 4 800 m d'altitude. Ce chiffre résume bien la force de Boffelli : il ne se contente pas d'être rapide dans les sections roulantes ou dans la descente ; il est capable de maintenir une pression verticale constante pendant toute la montée.

La première moitié de sa montée est particulièrement forte. Après un départ rapide mais pas maximal entre l'église et le Tunnel, il signe le meilleur passage sur Tunnel → La Para, puis le meilleur passage sur La Para → Glacier des Bossons. C'est là que sa tentative prend une grande valeur stratégique. Beaucoup d'athlètes perdent du temps dans cette transition vers le glacier, soit parce que la pente devient plus irrégulière, soit parce que les skis et les conversions coûtent cher, soit parce que la ligne n'est pas parfaitement optimisée. Boffelli, lui, transforme cette zone en point fort. Il accède au glacier avec une efficacité remarquable, tout en conservant assez de fraîcheur pour la haute montagne.

Entre La Jonction et les Grands Mulets, il reste très compétitif sans être le meilleur. Il ne domine pas chaque tronçon, mais il ne connaît aucun passage faible. Cette absence de rupture est essentielle. Védrines est meilleur entre La Jonction et les Grands Mulets ; Jack Kuenzle est très performant sur Grands Mulets → Petit Plateau ; Jacquemoud et Équy seront ensuite capables d'une densité encore plus forte en 2026. Mais Boffelli garde toujours le contact, et surtout il reprend l'avantage dans les secteurs clés du haut.

Le cœur de son record se situe probablement entre Petit Plateau, Grand Plateau, Vallot et le sommet. Il est le meilleur sur Petit Plateau → Grand Plateau, le meilleur sur Grand Plateau → Vallot, puis le meilleur sur Vallot → Sommet. Ces trois passages disent beaucoup de son niveau réel. Alors que l'altitude devrait ralentir la progression, il continue à avancer avec des VAM supérieures ou proches de 900 à 1 000 m/h. Sur l'arête des Bosses, il conserve une efficacité exceptionnelle. Là où d'autres athlètes subissent le final, lui l'utilise comme un secteur de gain. C'est probablement la grande différence avec Védrines : l'option classique par Vallot, souvent perçue comme plus longue, devient très rentable lorsqu'elle est parcourue avec une telle cadence.

La descente de Boffelli est également de très haut niveau, même si elle n'est pas aussi dominante que celle de Védrines sur les premiers tronçons depuis le sommet. Il bascule vite vers le Grand Plateau, reste très performant dans les grandes pentes supérieures, puis limite les pertes dans les zones plus basses. Sa descente totale estimée à 1 h 02 min 20 s est quasiment équivalente à celle de Védrines. Cela signifie que son record ne vient pas d'une descente radicalement plus rapide, mais d'une montée plus efficace, notamment dans le haut. Il descend assez vite pour défendre l'avance acquise, sans avoir besoin de prendre tous les risques sur chaque mètre.

En résumé, William Boffelli réalise une tentative extrêmement équilibrée, bâtie sur une montée d'une régularité rare et sur un final sommital exceptionnel. Son choix de rester par Vallot et l'arête des Bosses démontre que l'itinéraire classique reste redoutable lorsque les conditions et l'exécution sont optimales. Sa performance est un modèle de rendement : pas de grand temps faible, plusieurs meilleurs passages décisifs à la montée, une descente rapide mais maîtrisée, et une capacité à conserver de la vitesse jusqu'à Chamonix. C'est une tentative de référence pour comprendre que le record du mont Blanc à ski se gagne d'abord par la continuité de la montée, puis se valide par une descente sans rupture.

Méthode de données : cette fiche est calculée à partir des activités Strava de William Boffelli, synchronisées avec les temps officiels de la tentative.

Tronçon par tronçon

Décomposition de la course

Tronçon 01
Eglise → Tunnel
Montée
Durée
0h18'38"
Distance
3,20 km
Dénivelé
+218 m
Vitesse
10,3 km/h
VAM
700 m/h
Rang 4 / 9 Meilleur : Matheo Jacquemoud Écart au meilleur : +1m 33s Écart à la médiane : −59s

Le départ de William Boffelli entre l'église de Chamonix et le Tunnel est rapide, mais pas le plus agressif de l'échantillon. Il met 18 min 38 s, quatrième temps comparable, à un peu plus d'une minute et demie de Mathéo Jacquemoud. Sa vitesse moyenne dépasse 10 km/h, ce qui reste très élevé avec le matériel de ski et dans le contexte d'un effort qui devra ensuite monter jusqu'au sommet du mont Blanc.

Ce premier tronçon est intéressant parce qu'il montre une gestion intelligente. Boffelli ne cherche pas nécessairement à faire la différence dans la partie la plus roulante et la plus basse. Il reste déjà plus rapide que la médiane, mais sans produire une accélération qui pourrait coûter plus haut. Contrairement à Védrines, très offensif dès le départ, Boffelli semble installer un rythme très solide, presque économique, avant de commencer à faire la différence dans les pentes plus marquées.

Sur le plan stratégique, ce passage est donc un départ de record maîtrisé. Il ne gagne pas la tentative ici, mais il ne la compromet pas. Il arrive au Tunnel avec une vitesse suffisante, tout en conservant de la marge pour les secteurs où son rendement vertical va devenir déterminant.

Tronçon 02
Tunnel → La Para
Montée
Durée
0h18'22"
Distance
1,21 km
Dénivelé
+439 m
Vitesse
3,9 km/h
VAM
1 434 m/h
Rang 1 / 9 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : 0″ Écart à la médiane : −1m 32s

Le tronçon Tunnel → La Para est le premier grand signal de la tentative de Boffelli. Il signe le meilleur passage comparable, en 18 min 22 s, avec une VAM exceptionnelle d'environ 1 434 m/h. À ce stade, la pente se redresse et la simple vitesse horizontale compte moins que la capacité à produire du dénivelé très rapidement. Boffelli est ici au-dessus de tout le monde.

Ce passage révèle une grande puissance ascensionnelle, mais aussi une excellente efficacité gestuelle. Il ne s'agit pas seulement de monter vite : il faut le faire avec les skis, le matériel, et sans dégrader la suite de la tentative. L'écart avec la médiane, supérieur à une minute et demie sur un tronçon relativement court, montre qu'il commence déjà à créer une différence significative.

Comparé à Védrines, il gagne ici un temps précieux. Comparé à Jacquemoud–Équy, il montre qu'il possède une capacité de montée extrêmement élevée dans les premières pentes soutenues. Ce tronçon fait partie des fondations de son record : il transforme la transition vers La Para en secteur de gain net.

Tronçon 03
La Para → Glacier des Bossons
Montée
Durée
0h42'25"
Distance
2,47 km
Dénivelé
+805 m
Vitesse
3,5 km/h
VAM
1 138 m/h
Rang 1 / 9 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : 0″ Écart à la médiane : −6m 43s

La Para → Glacier des Bossons est l'un des secteurs les plus importants de toute la montée, car il marque l'entrée progressive dans le terrain alpin. La ligne peut varier, la pente devient plus sérieuse, et la qualité de neige ou de trace peut faire perdre beaucoup de temps. Boffelli y signe le meilleur passage comparable, en 42 min 25 s, avec une VAM de 1 138 m/h.

Ce résultat est remarquable. Il ne gagne pas seulement quelques secondes : il devance la médiane de plus de 6 min 40 s. Sur un tronçon aussi structurant, cet écart est très significatif. Là où Anna DeMonte et Anne-Lise Desjacques perdent beaucoup, et où même certains hommes très rapides restent moins efficaces, Boffelli conserve une progression très dense.

Ce passage montre probablement l'une de ses grandes qualités : la capacité à garder du rendement dans un terrain qui devient moins simple. La montée n'est plus seulement physique ; elle demande de choisir une bonne trajectoire, de limiter les ruptures de rythme et de ne pas subir les conversions. Boffelli y est très fluide. C'est un secteur qui explique en grande partie son avance au sommet.

Tronçon 04
Glacier des Bossons → La Jonction
Montée
Durée
0h13'50"
Distance
1,51 km
Dénivelé
+215 m
Vitesse
6,5 km/h
VAM
931 m/h
Rang 5 / 9 Meilleur : Samuel Equy Écart au meilleur : +1m 44s Écart à la médiane : 0″

Le passage Glacier des Bossons → La Jonction est plus nuancé. Boffelli met 13 min 50 s, exactement au niveau de la médiane des tentatives comparables. Il reste très rapide en valeur absolue, avec plus de 6,5 km/h de moyenne et une VAM supérieure à 900 m/h, mais il ne domine pas ce secteur comme les deux précédents.

La Jonction est une zone où les conditions du glacier peuvent peser très lourd. Selon la saison, le choix entre une traversée plus haute ou plus basse, l'état des ponts de neige et la présence de crevasses peuvent modifier la trajectoire. Boffelli ne semble pas y perdre énormément, mais il n'y crée pas non plus d'écart décisif. Samuel Équy, notamment, y est nettement plus rapide.

Ce passage rappelle que son record ne repose pas sur une domination absolue de chaque tronçon. Il connaît quelques secteurs simplement bons, voire moyens relativement au groupe. Mais il compense par des meilleurs temps dans les secteurs les plus longs ou les plus décisifs. Ici, il traverse proprement, sans temps faible majeur.

Tronçon 05
La Jonction → Grands Mulets
Montée
Durée
0h16'32"
Distance
0,88 km
Dénivelé
+259 m
Vitesse
3,2 km/h
VAM
939 m/h
Rang 4 / 9 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : +54s Écart à la médiane : −1m 59s

La Jonction → Grands Mulets est un tronçon court, mais très révélateur de la fluidité dans le terrain glaciaire. Boffelli y met 16 min 32 s, quatrième temps comparable, à moins d'une minute du meilleur passage de Benjamin Védrines. Il est aussi nettement plus rapide que la médiane, ce qui montre que le secteur reste favorable pour lui.

Védrines est particulièrement brillant ici, probablement grâce à une ligne très directe et à une progression très engagée. Boffelli, lui, ne domine pas, mais reste dans le haut du classement. C'est typique de sa tentative : lorsqu'il n'est pas le meilleur, il reste suffisamment proche pour ne jamais laisser s'ouvrir un retard important.

Ce passage est stratégiquement important car il suit La Jonction, zone potentiellement coûteuse. Boffelli en sort bien, rejoint les Grands Mulets sans rupture, et prépare ensuite la longue séquence vers Petit Plateau, Grand Plateau, Vallot et le sommet. C'est un tronçon de consolidation solide.

Tronçon 06
Grands Mulets → Petit Plateau
Montée
Durée
0h34'51"
Distance
1,75 km
Dénivelé
+618 m
Vitesse
3,0 km/h
VAM
1 065 m/h
Rang 4 / 8 Meilleur : Jack Kuenzle Écart au meilleur : +4m 14s Écart à la médiane : −60s

Le tronçon Grands Mulets → Petit Plateau est l'un des grands secteurs de montée régulière. Boffelli y réalise 34 min 51 s avec une VAM de 1 065 m/h. Il n'est que quatrième sur huit, mais il reste plus rapide que la médiane et conserve un rythme très élevé.

Jack Kuenzle est le meilleur sur ce secteur, ce qui montre que certains concurrents peuvent être particulièrement efficaces dans les longues pentes glaciaires régulières. Boffelli lui concède un peu plus de 4 minutes, mais il ne s'agit pas d'un effondrement. Sa progression reste dense, et surtout elle s'inscrit dans une montée globale extrêmement homogène.

Ce tronçon doit être lu comme une portion où Boffelli ne gagne pas le record, mais où il le protège. Il ne prend pas le meilleur temps, mais il évite toute rupture. Dans une tentative de moins de 4 h 45, cette continuité vaut presque autant qu'un passage spectaculaire. Il conserve assez de puissance pour produire ensuite des meilleurs temps dans le haut de l'itinéraire.

Tronçon 07
Petit Plateau → Grand Plateau
Montée
Durée
0h16'17"
Distance
1,04 km
Dénivelé
+280 m
Vitesse
3,8 km/h
VAM
1 031 m/h
Rang 1 / 8 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : 0″ Écart à la médiane : −1m 11s

Petit Plateau → Grand Plateau marque le retour de Boffelli au tout premier rang. Il signe le meilleur passage comparable en 16 min 17 s, avec une VAM de 1 031 m/h. À cette altitude, après déjà plus de deux heures d'effort, ce niveau de rendement est remarquable.

Ce tronçon est court, mais il a une grande valeur tactique. Il prépare le choix final vers Vallot, et il montre que Boffelli n'arrive pas fatigué dans le haut de l'itinéraire. Au contraire, il est encore capable de produire un meilleur temps sur une section où beaucoup d'athlètes commencent à ralentir.

La comparaison avec Védrines est également intéressante. Védrines reste très proche, mais Boffelli reprend ici l'avantage sur la voie classique. Cela annonce la suite : son final par Vallot et l'arête des Bosses sera d'une efficacité exceptionnelle. Ce passage est le début de la séquence qui fonde son record.

Tronçon 08
Grand Plateau → Vallot
Montée
Durée
0h27'50"
Distance
1,69 km
Dénivelé
+436 m
Vitesse
3,6 km/h
VAM
940 m/h
Rang 1 / 7 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : 0″ Écart à la médiane : −2m 43s

Grand Plateau → Vallot est l'un des tronçons décisifs de la tentative de Boffelli. Il y signe le meilleur passage comparable, en 27 min 50 s. La VAM, autour de 940 m/h, est extrêmement élevée dans cette partie déjà très haute de l'itinéraire. C'est ici que l'on comprend pleinement la rentabilité de son choix par Vallot.

Contrairement à Benjamin Védrines, qui emprunte le Corridor et le mur de la Côte, Boffelli reste sur l'itinéraire classique. Mais il l'exécute si vite que l'avantage théorique d'une ligne plus directe disparaît. Le passage par Vallot, parfois perçu comme plus long, devient ici très efficace grâce à une trace probablement rapide, une excellente cadence et une grande fraîcheur résiduelle.

Il devance la médiane de près de 2 min 43 s, ce qui est considérable sur un tronçon de moins d'une demi-heure. Plus encore, il prend du temps sur tous les autres concurrents passant par cette option. C'est l'un des secteurs clés de son record : il transforme une portion d'altitude souvent défensive en véritable secteur d'attaque.

Tronçon 09
Vallot → Sommet
Montée
Durée
0h32'19"
Distance
1,35 km
Dénivelé
+469 m
Vitesse
2,5 km/h
VAM
870 m/h
Rang 1 / 8 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : 0″ Écart à la médiane : −9m 06s

Le tronçon Vallot → Sommet est peut-être le passage le plus impressionnant de la montée de Boffelli. Il signe le meilleur temps comparable en 32 min 19 s, avec une VAM de 870 m/h au-dessus de 4 300 m. À cette altitude, sur l'arête des Bosses et dans le final du mont Blanc, c'est une performance exceptionnelle.

Ce passage est extrêmement révélateur. Beaucoup d'athlètes ralentissent fortement après Vallot : la fatigue est installée, l'altitude pèse, la trace peut devenir plus technique, et le matériel de ski ajoute une contrainte. Boffelli, lui, conserve une vitesse remarquable. Il est plus rapide que la médiane de plus de 9 minutes, ce qui représente un gain énorme sur le final.

C'est probablement le tronçon qui donne à sa tentative son caractère de record. La montée par Vallot n'est pas seulement une option sûre : entre ses mains, elle devient l'option la plus rentable de l'échantillon. Il atteint le sommet avec une avance construite non pas par un raccourci, mais par une capacité rare à rester rapide dans l'altitude.

Tronçon 10
Sommet → Grand Plateau
Bascule sommet
Durée
0h08'52"
Distance
3,50 km
Dénivelé
-904 m
Vitesse
23,7 km/h
VAM
-6 116 m/h
Rang 3 / 8 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : +1m 58s Écart à la médiane : −1m 31s

La bascule Sommet → Grand Plateau est très rapide chez Boffelli, même si Benjamin Védrines reste la grande référence sur ce passage. Boffelli descend en 8 min 52 s, avec une vitesse verticale négative supérieure à -6 100 m/h. Il se classe troisième sur huit, tout en étant nettement plus rapide que la médiane.

Ce tronçon confirme que sa descente est de très haut niveau, mais qu'elle n'est pas le cœur principal de son avantage sur Védrines. Védrines est plus agressif dans les premières pentes depuis le sommet. Boffelli perd ici près de deux minutes sur lui. Mais grâce à sa montée plus rapide, il peut se permettre une descente légèrement moins extrême tout en gardant un excellent chrono final.

Sur le terrain, cette section exige une grande lucidité immédiatement après le sommet. Il faut basculer vite, trouver la bonne ligne dans la face nord et accepter de skier fort en altitude. Boffelli le fait très bien, sans atteindre le niveau presque maximal de Védrines. C'est une descente de record, mais pas une descente suicidaire : rapide, propre et suffisamment efficace pour défendre l'avance construite à la montée.

Tronçon 11
Grand Plateau → Petit Plateau
Descente
Durée
0h02'10"
Distance
1,17 km
Dénivelé
-286 m
Vitesse
32,4 km/h
VAM
-7 923 m/h
Rang 4 / 9 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : +25s Écart à la médiane : −34s

Grand Plateau → Petit Plateau est un court passage de glisse très rapide. Boffelli le descend en 2 min 10 s, à plus de 32 km/h de moyenne, avec une vitesse verticale négative proche de -7 900 m/h. Il n'est que quatrième, mais l'écart avec le meilleur reste limité à 25 secondes.

Ce secteur montre que les écarts de rang peuvent être trompeurs sur les tronçons courts. Boffelli est derrière Védrines, mais il reste dans un niveau de descente exceptionnel. Il est aussi nettement plus rapide que la médiane, ce qui confirme une très bonne exploitation des pentes ouvertes.

Dans la logique globale, ce passage est un secteur de défense active : il ne gagne pas beaucoup de temps sur Védrines, mais il ne lui en rend presque pas. Après une montée dominante, il suffit ici de descendre très proprement pour maintenir l'avantage. C'est exactement ce qu'il fait.

Tronçon 12
Petit Plateau → La Jonction
Descente
Durée
0h07'03"
Distance
2,76 km
Dénivelé
-879 m
Vitesse
23,5 km/h
VAM
-7 477 m/h
Rang 2 / 9 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : +19s Écart à la médiane : −1m 59s

Petit Plateau → La Jonction est l'un des meilleurs tronçons de descente de Boffelli. Il réalise le deuxième temps comparable, à seulement 19 secondes de Benjamin Védrines, pourtant référence absolue sur la haute descente. La vitesse moyenne dépasse 23 km/h et la vitesse verticale négative approche -7 500 m/h.

Ce passage est particulièrement important parce qu'il ne s'agit pas d'une simple pente courte et directe. Il faut relier les zones de glisse, lire le glacier et maintenir de la vitesse sans rupture. Boffelli s'y montre presque aussi efficace que Védrines, ce qui renforce la qualité de sa descente globale.

Stratégiquement, c'est un secteur où il sécurise son record. Après avoir perdu un peu de temps sur la première bascule depuis le sommet, il limite fortement l'écart sur ce long passage vers La Jonction. La descente reste donc très compétitive et permet de préserver la valeur de sa montée exceptionnelle.

Tronçon 13
La Jonction → Glacier des Bossons
Descente
Durée
0h02'39"
Distance
1,32 km
Dénivelé
-204 m
Vitesse
29,9 km/h
VAM
-4 621 m/h
Rang 7 / 9 Meilleur : Samuel Equy Écart au meilleur : +42s Écart à la médiane : +15s

La Jonction → Glacier des Bossons est un court tronçon où Boffelli perd un peu de terrain relativement au groupe. Il descend en 2 min 39 s, ce qui reste très rapide en valeur absolue, mais le place seulement septième sur neuf. L'écart au meilleur, Samuel Équy, est de 42 secondes.

Sur une section aussi courte, il faut rester prudent dans l'interprétation. Une trajectoire légèrement différente, une prudence dans une zone crevassée ou une neige moins favorable peuvent suffire à expliquer l'écart. Boffelli ne connaît pas une vraie faiblesse ici, mais il n'est pas aussi tranchant que sur Petit Plateau → La Jonction.

Ce passage montre que sa descente n'est pas uniformément dominante. Elle est très bonne, mais elle comporte quelques micro-pertes. Dans un record aussi serré, ces secondes comptent, mais elles restent compensées par l'avance acquise dans la montée et par les meilleurs passages du haut.

Tronçon 14
Glacier des Bossons → La Para
Descente
Durée
0h17'59"
Distance
2,62 km
Dénivelé
-818 m
Vitesse
8,8 km/h
VAM
-2 730 m/h
Rang 3 / 9 Meilleur : Matheo Jacquemoud Écart au meilleur : +2m 54s Écart à la médiane : −3m 36s

Glacier des Bossons → La Para est un passage important parce que la descente commence à devenir plus hybride. La glisse pure n'est plus toujours continue ; il peut falloir gérer des transitions, de la neige moins portante, du terrain moins skiant ou des portions où le matériel devient moins avantageux. Boffelli s'en sort très bien, avec le troisième temps comparable en 17 min 59 s.

Il perd un peu moins de 3 minutes sur Mathéo Jacquemoud, meilleur sur ce secteur, mais il est plus rapide que la médiane de 3 min 36 s. C'est donc un très bon tronçon de retour. Là où certaines tentatives féminines perdent énormément dans cette zone, Boffelli conserve une grande fluidité.

Ce passage est essentiel dans la construction d'une descente autour d'une heure. Il ne suffit pas d'aller vite dans la face nord ; il faut aussi limiter les pertes lorsque le terrain devient moins skiant. Boffelli y montre une excellente capacité de transition, même s'il n'est pas le meilleur absolu.

Tronçon 15
La Para → Tunnel
Descente
Durée
0h08'56"
Distance
1,32 km
Dénivelé
-431 m
Vitesse
8,9 km/h
VAM
-2 897 m/h
Rang 2 / 9 Meilleur : Jack Kuenzle Écart au meilleur : +14s Écart à la médiane : −1m 13s

La Para → Tunnel est un excellent tronçon pour Boffelli. Il réalise le deuxième temps comparable, à seulement 14 secondes de Jack Kuenzle. Dans cette zone basse et mixte, où l'avantage du ski peut diminuer, cette efficacité est très importante.

Ce passage demande surtout de ne pas perdre de temps dans les transitions. Il faut savoir skier si la neige le permet, courir si nécessaire, porter efficacement et relancer dès que le terrain devient favorable. Boffelli y est presque le meilleur, ce qui montre que sa descente ne repose pas uniquement sur les grandes pentes supérieures.

Cette portion est l'un des éléments qui rendent son record très complet. Il ne laisse pas filer de minutes dans le bas, contrairement à plusieurs autres tentatives. Même après une montée très rapide et une descente déjà engagée, il conserve une grande qualité d'enchaînement.

Tronçon 16
Tunnel → Eglise
Descente
Durée
0h14'40"
Distance
3,19 km
Dénivelé
-216 m
Vitesse
13,1 km/h
VAM
-882 m/h
Rang 5 / 9 Meilleur : Matheo Jacquemoud Écart au meilleur : +1m 48s Écart à la médiane : 0″

Le dernier tronçon Tunnel → Église ramène Boffelli au porche de départ, et il le parcourt en 14 min 40 s. C'est exactement le temps médian des passages comparables. Il ne domine donc pas ce final, mais il ne s'y effondre pas non plus.

Ce secteur est souvent moins spectaculaire que le sommet ou la face nord, mais il est chronométriquement très important. Il faut courir ou progresser vite avec le matériel, gérer la fatigue, et éviter de perdre de la concentration dans les dernières minutes. Boffelli reste efficace, même si Mathéo Jacquemoud sera plus rapide sur ce retour final.

Dans la lecture globale de sa tentative, ce dernier passage est suffisant. L'avance a été construite à la montée, puis protégée dans la descente. Il n'a pas besoin de signer le meilleur final pour établir un temps exceptionnel. Ce tronçon conclut une tentative très homogène : même lorsque Boffelli n'est pas le meilleur, il reste dans une plage de performance compatible avec un record absolu.

Notes méthodologiques

  • · Les comparaisons de rang sont calculées uniquement entre tentatives disposant de passages comparables sur le même tronçon.
  • · Les temps officiels du fichier Excel priment sur les éventuelles différences présentes dans les traces GPX.
  • · Les distances et dénivelés proviennent de l'exploitation des traces GPS et peuvent varier légèrement selon la qualité du signal, les pauses, les transitions et les écarts entre le point GPS le plus proche et le point de passage théorique.
  • · Les analyses interprètent les chiffres à la lumière des options d'itinéraire connues : voie des Grands Mulets, passage par Petit Plateau et Grand Plateau, montée finale par Vallot et arête des Bosses, descente à ski par la face nord puis retour par l'itinéraire de montée.