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Femmes · À ski  ·  #06 au classement absolu Anne-Lise Desjacques

19 mai 2025  ·  Aller-retour Chamonix – Mont-Blanc – Chamonix.

Temps total
7h07'11"
Au sommet
5h27'43"
Descente
1h39'28"
Distance
33,85 km
VAM montée
690 m/h
V. desc. moy.
2 272 m/h
Voir sur la carte interactive Trace Strava Voir la trace GPX
Synthèse

La tentative d'Anne-Lise Desjacques, en 7 h 07 min 11 s, occupe une place très intéressante dans l'analyse des records féminins à ski sur l'aller-retour Chamonix–Mont Blanc–Chamonix. Elle est plus rapide qu'Anna DeMonte au temps total, malgré une descente légèrement plus longue, et elle se rapproche davantage de la logique de performance qui conduira ensuite au record d'Élise Poncet. Son profil est donc particulièrement instructif : il ne s'agit pas seulement d'une tentative rapide à ski, mais d'une performance relativement équilibrée, avec une montée assez solide, une vraie continuité dans le cœur de l'itinéraire, puis une descente efficace en haute montagne mais plus coûteuse dans le bas.

Son temps de montée estimé par la trace, autour de 5 h 27 min 43 s, est le point le plus positif de sa tentative. Elle atteint le sommet nettement plus vite qu'Anna DeMonte, dont la montée estimée est proche de 5 h 54 min 36 s. Cette différence d'environ 27 minutes au sommet explique l'essentiel de son avantage final sur Anna, malgré une descente un peu moins favorable. En revanche, elle reste en retrait d'Élise Poncet, qui combine une montée plus rapide avec une descente plus dense. La comparaison avec Hillary Gerardi est aussi intéressante : Gerardi, à pied, produit une montée très forte, mais le ski permet à Anne-Lise de limiter l'écart global grâce à la descente, même si celle-ci n'est pas aussi tranchante que celles des meilleurs skieurs masculins.

Le début de course d'Anne-Lise Desjacques est plutôt prudent. Les tronçons Église → Tunnel et Tunnel → La Para sont parmi ses passages les moins compétitifs en rang relatif. Cela peut traduire une mise en route volontairement contrôlée, une gestion du matériel ou des conditions de départ moins rapides. Dans une tentative de record absolu, ce départ coûte toutefois déjà plusieurs minutes. Les meilleurs hommes à ski transforment cette portion basse en véritable rampe d'accélération ; Anne-Lise y reste davantage dans une logique d'installation de l'effort.

La partie médiane de la montée est plus intéressante. Entre La Para, le glacier des Bossons, La Jonction et les Grands Mulets, Anne-Lise reste derrière les meilleures références, mais elle est globalement plus efficace qu'Anna DeMonte, notamment sur les secteurs techniques qui avaient coûté très cher à cette dernière. Ce point est essentiel : sur l'itinéraire des Grands Mulets, le record ne se joue pas seulement dans les grands plateaux supérieurs, mais dès l'accès au glacier. Il faut réussir à conserver de la fluidité dans une zone où les skis peuvent devenir encombrants si la neige, les conversions ou les détours imposés par les crevasses cassent le rythme. Anne-Lise ne domine pas cette portion, mais elle la traverse avec suffisamment de continuité pour construire un temps de montée solide.

Au-dessus des Grands Mulets, sa tentative montre une bonne endurance verticale mais aussi une limite claire face aux meilleures références. Les tronçons Grands Mulets → Petit Plateau, Petit Plateau → Grand Plateau puis Grand Plateau → Vallot la placent souvent en bas du classement relatif, avec des écarts importants face aux hommes et un retard notable sur les meilleures références féminines. La VAM reste pourtant honorable : ce n'est pas une défaillance, mais plutôt l'absence de cette densité exceptionnelle qui caractérise les records les plus rapides. Le passage par Vallot et l'arête des Bosses, comme chez la majorité des skieurs de l'échantillon, est logique et sûr dans une perspective de performance contrôlée. Il n'offre cependant pas le caractère direct du Corridor choisi par Benjamin Védrines, et il impose un final long où l'altitude et la fatigue pèsent fortement.

Le final Vallot → Sommet est révélateur. Anne-Lise y progresse à environ 540 m/h de VAM, ce qui est solide à cette altitude, mais insuffisant pour rivaliser avec les meilleurs passages. Elle concède près de 20 minutes à William Boffelli sur ce seul tronçon. Cela montre à quel point les dernières centaines de mètres de dénivelé sont décisives : la différence ne se joue pas seulement sur la puissance, mais sur la capacité à conserver une gestuelle économique, une lucidité technique et une cadence stable au-dessus de 4 300 m.

La descente présente un visage contrasté. En haute montagne, Anne-Lise est capable d'aller vite : Grand Plateau → Petit Plateau, puis La Jonction → Glacier des Bossons, montrent une vraie efficacité de glisse, avec des vitesses verticales très élevées. Mais le premier basculement depuis le sommet vers le Grand Plateau est nettement moins rapide que chez les meilleurs skieurs, et les secteurs bas, notamment Glacier des Bossons → La Para, La Para → Tunnel et Tunnel → Église, lui coûtent beaucoup. Ce profil est typique d'une descente où la glisse fonctionne bien sur les portions franches, mais où les transitions, la neige discontinue, les passages mixtes et le retour final à pied ou sur terrain moins skiant entraînent des pertes importantes.

En résumé, Anne-Lise Desjacques réalise une tentative très complète, supérieure à celle d'Anna DeMonte par la qualité de sa montée et par une meilleure continuité globale. Elle montre qu'un très bon temps féminin à ski se construit d'abord à la montée, bien avant la descente. Mais son analyse révèle aussi les marges qui la séparent d'un record féminin absolu : départ plus rapide, meilleure efficacité dans les plateaux supérieurs, bascule sommet plus engagée, puis surtout retour final plus fluide dans les zones basses. Sa performance est donc une référence précieuse pour comprendre la transition entre une excellente tentative à ski et une tentative véritablement record.

Méthode de données : cette fiche est calculée à partir des activités Strava de Anne-Lise Desjacques, synchronisées avec les temps officiels de la tentative.

Tronçon par tronçon

Décomposition de la course

Tronçon 01
Eglise → Tunnel
Montée
Durée
0h27'04"
Distance
3,47 km
Dénivelé
+219 m
Vitesse
7,7 km/h
VAM
485 m/h
Rang 9 / 9 Meilleur : Matheo Jacquemoud Écart au meilleur : +9m 59s Écart à la médiane : +7m 27s

Le départ entre l'église de Chamonix et le Tunnel est le secteur le plus roulant de la montée, mais il donne déjà une indication sur l'intention de course. Anne-Lise Desjacques met 27 min 04 s pour rejoindre le Tunnel, ce qui la place dernière des passages comparables. Elle concède près de 10 minutes au meilleur temps de Mathéo Jacquemoud et plus de 7 minutes à la médiane.

Ce départ est donc prudent, voire coûteux dans une logique de record. La vitesse moyenne reste correcte pour une progression avec matériel de ski, mais les meilleurs utilisent cette portion basse comme une zone de vitesse, avant que le terrain ne devienne réellement alpin. Chez Anne-Lise, on lit plutôt une mise en route contrôlée, peut-être dictée par le poids du matériel, l'état de l'enneigement bas ou une stratégie de gestion.

Ce tronçon ne condamne pas sa tentative, car la course est longue et se joue surtout plus haut. Mais il installe déjà un retard de structure. Pour rivaliser avec les meilleures références, il aurait fallu aborder le Tunnel avec moins de temps perdu tout en conservant de la fraîcheur pour les pentes supérieures.

Tronçon 02
Tunnel → La Para
Montée
Durée
0h25'52"
Distance
1,55 km
Dénivelé
+425 m
Vitesse
3,6 km/h
VAM
985 m/h
Rang 8 / 9 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : +7m 30s Écart à la médiane : +5m 58s

Le tronçon Tunnel → La Para est beaucoup plus vertical : avec près de 425 m de dénivelé positif, il commence à mesurer la vraie capacité de montée. Anne-Lise y produit une VAM proche de 985 m/h, ce qui est très solide en valeur absolue. Pourtant, dans la comparaison directe, elle reste 8e sur 9, avec 7 min 30 s de retard sur William Boffelli.

Ce paradoxe est important pour l'analyse. Anne-Lise ne monte pas lentement ; elle monte vite selon des critères ordinaires de ski-alpinisme. Mais les records du mont Blanc se jouent à un niveau extrêmement élevé, où les meilleurs conservent des VAM supérieures tout en portant le matériel et en préparant une longue suite glaciaire. Ce passage confirme donc une bonne puissance verticale, mais pas encore une densité de record.

Par rapport à Anna DeMonte, Anne-Lise n'est pas beaucoup plus rapide sur ce secteur. L'avantage qu'elle construira se fera davantage ensuite, dans la continuité entre La Para, le glacier et les Grands Mulets. Ce deuxième tronçon reste donc un point de départ prudent, mais il révèle déjà que son moteur est capable d'encaisser la pente.

Tronçon 03
La Para → Glacier des Bossons
Montée
Durée
1h02'13"
Distance
3,08 km
Dénivelé
+823 m
Vitesse
3,0 km/h
VAM
794 m/h
Rang 6 / 9 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : +19m 48s Écart à la médiane : +13m 05s

La Para → Glacier des Bossons est l'un des grands secteurs discriminants de l'itinéraire. Il ne s'agit plus seulement de monter vite : il faut trouver la bonne ligne, gérer l'accès au glacier, composer avec les ruptures de pente et maintenir un effort efficace sur un terrain plus irrégulier. Anne-Lise y met 1 h 02 min 13 s, avec une VAM proche de 794 m/h.

Son classement, 6e sur 9, est meilleur que sur les deux premiers tronçons. Elle reste loin de William Boffelli, à près de 20 minutes, mais elle fait mieux qu'Anna DeMonte sur un secteur qui avait fortement pénalisé cette dernière. C'est un point positif : Anne-Lise semble mieux traverser cette transition vers le terrain glaciaire, avec une perte relative moins violente.

Ce secteur montre une première qualité forte de sa tentative : la capacité à ne pas se désorganiser lorsque l'itinéraire devient moins roulant. Elle ne rivalise pas avec les meilleurs hommes, dont la vitesse sur ce passage est exceptionnelle, mais elle construit ici une montée plus cohérente que celle d'Anna. Dans une lecture féminine à ski, c'est un tronçon plutôt solide.

Tronçon 04
Glacier des Bossons → La Jonction
Montée
Durée
0h16'20"
Distance
1,42 km
Dénivelé
+210 m
Vitesse
5,2 km/h
VAM
771 m/h
Rang 6 / 9 Meilleur : Samuel Equy Écart au meilleur : +4m 14s Écart à la médiane : +2m 30s

Le passage Glacier des Bossons → La Jonction concentre une grande partie de l'incertitude glaciaire de l'itinéraire. La trajectoire peut varier selon l'état des crevasses, l'enneigement et la possibilité de passer plus haut ou plus bas. Anne-Lise effectue ce tronçon en 16 min 20 s, avec une VAM de 771 m/h.

Le classement relatif, 6e sur 9, la place encore derrière les meilleurs, mais l'écart est moins massif que sur les longs secteurs de pente. Elle concède un peu plus de 4 minutes à Samuel Équy, meilleur passage comparable, et 2 min 30 s à la médiane. Sur un secteur aussi variable, ce n'est pas une perte rédhibitoire.

Ce tronçon confirme une certaine sécurité de progression dans le terrain glaciaire. Elle n'est pas dans une traversée fulgurante comme les meilleures tentatives masculines, mais elle ne subit pas La Jonction de manière aussi pénalisante qu'Anna DeMonte. C'est une zone où sa tentative reste vivante et où elle préserve l'essentiel de son objectif chronométrique.

Tronçon 05
La Jonction → Grands Mulets
Montée
Durée
0h20'36"
Distance
1,19 km
Dénivelé
+250 m
Vitesse
3,5 km/h
VAM
727 m/h
Rang 7 / 9 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : +4m 58s Écart à la médiane : +2m 05s

La Jonction → Grands Mulets est un secteur court mais très significatif : l'itinéraire y reste glaciaire, la pente se redresse par endroits, et le refuge marque une sorte de seuil psychologique avant les grands plateaux supérieurs. Anne-Lise met 20 min 36 s, avec une VAM de 727 m/h.

Elle est 7e sur 9, mais l'écart à la médiane est limité à un peu plus de 2 minutes. Comparée à Anna DeMonte, qui avait perdu énormément sur ce tronçon, Anne-Lise est beaucoup plus efficace. Cela renforce l'idée que sa tentative est meilleure dans les zones techniques médianes, même si elle ne possède pas la vitesse brute des meilleurs hommes.

Le meilleur temps, celui de Benjamin Védrines, montre ce que peut produire une progression extrêmement directe et engagée dans ce secteur. Anne-Lise est plus mesurée, mais elle franchit cette portion sans rupture majeure. Pour sa tentative, c'est un tronçon de consolidation plus qu'un tronçon d'attaque.

Tronçon 06
Grands Mulets → Petit Plateau
Montée
Durée
0h57'50"
Distance
2,55 km
Dénivelé
+680 m
Vitesse
2,6 km/h
VAM
705 m/h
Rang 7 / 8 Meilleur : Jack Kuenzle Écart au meilleur : +27m 13s Écart à la médiane : +21m 59s

Le tronçon Grands Mulets → Petit Plateau est l'un des plus importants de la montée. Il impose un long effort glaciaire, soutenu, avec l'altitude qui commence à devenir sensible et une progression à ski qui peut vite devenir coûteuse si la trace n'est pas parfaite. Anne-Lise y met 57 min 50 s, avec une VAM de 705 m/h.

En valeur absolue, cette VAM reste respectable. Mais dans la logique des records, ce secteur la place 7e sur 8, très loin de Jack Kuenzle, qui réalise le meilleur passage. L'écart de plus de 27 minutes au meilleur et de près de 22 minutes à la médiane montre que c'est l'un des endroits où elle perd une part importante de son retard global.

Ce passage illustre la différence entre une montée solide et une montée de record. Anne-Lise conserve une progression régulière, mais les meilleurs transforment ce secteur en véritable ascenseur vers le haut de la montagne. Pour rivaliser avec Élise Poncet ou avec les références masculines, il faudrait réduire fortement ce temps, soit par une trace plus favorable, soit par une cadence plus élevée, soit par une meilleure économie dans les conversions.

Tronçon 07
Petit Plateau → Grand Plateau
Montée
Durée
0h21'24"
Distance
1,07 km
Dénivelé
+234 m
Vitesse
3,0 km/h
VAM
655 m/h
Rang 6 / 8 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : +5m 07s Écart à la médiane : +3m 56s

Entre le Petit Plateau et le Grand Plateau, Anne-Lise progresse en 21 min 24 s. Le tronçon est plus court, mais il reste révélateur de la capacité à maintenir un rythme dans la haute montagne. Sa VAM de 655 m/h est correcte, sans être exceptionnelle.

Elle perd un peu plus de 5 minutes sur William Boffelli et près de 4 minutes sur la médiane. L'écart est moins spectaculaire que sur Grands Mulets → Petit Plateau, mais il confirme une tendance : au-dessus des Grands Mulets, Anne-Lise ne s'effondre pas, mais elle ne trouve pas non plus l'accélération qui caractérise les meilleures tentatives.

Ce secteur est un passage de transition entre le cœur de la montée et les choix finaux vers Vallot ou le Corridor. Pour Anne-Lise, il correspond à une montée sérieuse mais défensive. Elle continue à construire une bonne performance féminine à ski, mais elle ne reprend pas de temps sur les références les plus rapides.

Tronçon 08
Grand Plateau → Vallot
Montée
Durée
0h44'28"
Distance
1,99 km
Dénivelé
+431 m
Vitesse
2,7 km/h
VAM
581 m/h
Rang 7 / 7 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : +16m 38s Écart à la médiane : +13m 55s

Le Grand Plateau → Vallot est un secteur stratégique : il conditionne le final par l'arête des Bosses et constitue l'alternative classique au choix du Corridor / mur de la Côte. Anne-Lise suit ici la ligne Vallot, comme la plupart des skieurs de l'échantillon, sauf Benjamin Védrines. Ce choix est logique pour une tentative équilibrée, car il s'appuie sur un itinéraire connu et lisible.

Son temps de 44 min 28 s la place toutefois dernière des passages comparables sur ce tronçon. La VAM tombe à environ 581 m/h, ce qui montre que l'altitude et la fatigue commencent à peser fortement. Elle concède plus de 16 minutes à William Boffelli et près de 14 minutes à la médiane.

Ce secteur est probablement l'un des points où sa tentative perd le contact avec les standards d'un record féminin absolu. Le passage par Vallot n'est pas en soi un mauvais choix, mais il demande une grande fraîcheur pour rester efficace. Chez Anne-Lise, le haut de la montée devient plus lent, ce qui transforme cette option en longue progression d'endurance plutôt qu'en phase d'attaque.

Tronçon 09
Vallot → Sommet
Montée
Durée
0h51'45"
Distance
1,56 km
Dénivelé
+466 m
Vitesse
1,8 km/h
VAM
540 m/h
Rang 6 / 8 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : +19m 26s Écart à la médiane : +10m 20s

Vallot → Sommet est le final par l'arête des Bosses, un tronçon court en distance mais très dur en réalité. L'altitude, l'exposition, l'état de la trace et la fatigue accumulée rendent la progression lente et coûteuse. Anne-Lise met 51 min 45 s, avec une VAM de 540 m/h.

Ce passage est meilleur que celui d'Anna DeMonte, mais il reste loin des références les plus rapides. Elle concède 19 min 26 s à William Boffelli et plus de 10 minutes à la médiane. Cela montre que, même après une montée globalement plus solide qu'Anna, le final reste un secteur limitant.

Sur le plan stratégique, le passage par l'arête des Bosses impose de finir avec lucidité et économie. À skis, le matériel peut devenir une contrainte dans ce type de terrain, surtout si la trace est étroite ou si les conversions sont moins fluides. Anne-Lise parvient au sommet avec un bon temps féminin, mais sans pouvoir convertir le haut de la montagne en avantage décisif.

Tronçon 10
Sommet → Grand Plateau
Bascule sommet
Durée
0h18'34"
Distance
3,02 km
Dénivelé
-899 m
Vitesse
9,8 km/h
VAM
-2 906 m/h
Rang 8 / 8 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : +11m 40s Écart à la médiane : +8m 12s

La bascule Sommet → Grand Plateau est le premier grand moment de vérité pour une tentative à ski. C'est là que les meilleurs transforment immédiatement le gain d'altitude en vitesse. Anne-Lise met 18 min 34 s, ce qui la place dernière des passages comparables sur ce secteur.

L'écart à Benjamin Védrines, près de 11 min 40 s, est considérable. Même par rapport à la médiane, elle perd plus de 8 minutes. Cette perte peut s'expliquer par plusieurs facteurs : prudence au départ du sommet, qualité de neige moins favorable, fatigue, visibilité, ou nécessité de sécuriser une ligne moins directe dans le haut de la face nord.

Ce tronçon est important car il réduit l'avantage potentiel du ski. Anne-Lise a construit une bonne montée, mais elle ne parvient pas à produire une bascule aussi rapide que les meilleurs skieurs. La descente commence donc avec un déficit relatif qui pèsera sur son temps final.

Tronçon 11
Grand Plateau → Petit Plateau
Descente
Durée
0h03'08"
Distance
1,01 km
Dénivelé
-277 m
Vitesse
19,4 km/h
VAM
-5 306 m/h
Rang 7 / 9 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : +1m 23s Écart à la médiane : +24s

Grand Plateau → Petit Plateau est une section de glisse plus directe, où Anne-Lise retrouve une efficacité nettement meilleure. Elle descend en 3 min 08 s, avec une vitesse verticale supérieure à -5 300 m/h. Même si son rang est 7e sur 9, l'écart à la médiane n'est que de 24 secondes.

Ce tronçon montre que son déficit de descente n'est pas un déficit général de ski. Lorsque le terrain permet une glisse franche et lisible, elle reste proche du rythme collectif des tentatives documentées. La différence avec les meilleurs, comme Védrines, existe encore, mais elle n'est pas massive.

Pour l'analyse globale, ce passage est un point positif. Il montre que la descente d'Anne-Lise n'est pas uniformément lente : elle est surtout pénalisée par la bascule depuis le sommet et par les secteurs bas plus mixtes. Sur les pentes ouvertes des plateaux, elle sait exploiter le ski.

Tronçon 12
Petit Plateau → La Jonction
Descente
Durée
0h12'42"
Distance
2,82 km
Dénivelé
-883 m
Vitesse
13,3 km/h
VAM
-4 173 m/h
Rang 8 / 9 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : +5m 58s Écart à la médiane : +3m 40s

Petit Plateau → La Jonction est une section plus longue, plus technique et plus dépendante de la ligne. Anne-Lise y descend en 12 min 42 s. La vitesse verticale reste élevée, autour de -4 173 m/h, mais la comparaison la place 8e sur 9.

Elle concède presque 6 minutes à Benjamin Védrines et 3 min 40 s à la médiane. Ce n'est donc pas une simple différence de niveau avec le meilleur : elle perd vraiment du temps par rapport au groupe. La Jonction impose souvent une adaptation permanente, et la ligne de descente peut devenir moins directe selon les crevasses et l'état des ponts de neige.

Ce tronçon nuance le bon passage précédent. Anne-Lise est efficace sur les pentes ouvertes, mais lorsque la descente redevient plus complexe, elle ne conserve pas la même vitesse. Cette observation est importante pour comprendre les records à ski : la qualité de descente ne se mesure pas seulement sur la pente, mais aussi dans la capacité à relier les zones skiantes sans rupture.

Tronçon 13
La Jonction → Glacier des Bossons
Descente
Durée
0h02'24"
Distance
1,35 km
Dénivelé
-210 m
Vitesse
33,6 km/h
VAM
-5 240 m/h
Rang 5 / 9 Meilleur : Samuel Equy Écart au meilleur : +27s Écart à la médiane : 0″

La Jonction → Glacier des Bossons est l'un des meilleurs tronçons relatifs d'Anne-Lise Desjacques. Elle le descend en 2 min 24 s, avec une vitesse moyenne supérieure à 33 km/h et une vitesse verticale négative d'environ -5 240 m/h. Elle est exactement au niveau de la médiane et seulement 27 secondes derrière Samuel Équy, meilleur passage comparable.

Ce passage confirme qu'elle possède une vraie qualité de glisse lorsque la trajectoire s'y prête. Dans cette section, le ski redevient pleinement avantageux, et Anne-Lise se rapproche beaucoup des meilleurs standards de l'échantillon.

C'est aussi un élément important pour éviter une lecture trop sévère de sa descente. Elle n'est pas simplement lente à ski ; elle est irrégulière selon les types de terrain. Sur une portion claire, descendante et relativement roulante, elle est compétitive. Les pertes se concentrent ailleurs, notamment dans la bascule sommet et dans les transitions basses.

Tronçon 14
Glacier des Bossons → La Para
Descente
Durée
0h28'17"
Distance
2,94 km
Dénivelé
-821 m
Vitesse
6,2 km/h
VAM
-1 741 m/h
Rang 7 / 9 Meilleur : Matheo Jacquemoud Écart au meilleur : +13m 12s Écart à la médiane : +6m 42s

Le tronçon Glacier des Bossons → La Para est un secteur très coûteux pour Anne-Lise. Elle met 28 min 17 s, avec une vitesse moyenne de seulement 6,24 km/h. Elle concède plus de 13 minutes à Mathéo Jacquemoud et près de 6 min 42 s à la médiane.

Ce passage correspond souvent à une zone de transition difficile : neige plus lourde ou plus discontinue, terrain moins skiant, éventuels déchaussages, sentier ou portions mixtes. La descente y devient moins une affaire de vitesse pure qu'une affaire d'enchaînement : savoir skier quand c'est possible, courir quand il le faut, porter sans perdre de temps, relancer immédiatement.

Anne-Lise y perd une part importante de son avantage potentiel à ski. Après un bon passage La Jonction → Glacier des Bossons, cette portion casse la dynamique. Pour améliorer sensiblement son temps total, ce tronçon serait l'un des plus importants à optimiser, car les minutes perdues y sont nombreuses et moins liées à l'altitude qu'à la fluidité du retour.

Tronçon 15
La Para → Tunnel
Descente
Durée
0h13'26"
Distance
1,51 km
Dénivelé
-428 m
Vitesse
6,7 km/h
VAM
-1 911 m/h
Rang 9 / 9 Meilleur : Jack Kuenzle Écart au meilleur : +4m 44s Écart à la médiane : +3m 17s

La Para → Tunnel confirme la difficulté d'Anne-Lise dans les secteurs bas de la descente. Elle met 13 min 26 s, dernier temps des passages comparables, avec un retard de 4 min 44 s sur Jack Kuenzle et de plus de 3 minutes sur la médiane.

Ce n'est plus la haute montagne spectaculaire, mais c'est précisément là que les meilleurs records continuent à se jouer. Les skieurs les plus rapides ne se contentent pas d'aller vite dans la face nord : ils savent conserver une grande efficacité dans les portions mixtes, où il faut alterner glisse, marche, portage et course.

Chez Anne-Lise, cette zone apparaît comme un secteur de perte nette. La fatigue accumulée, le matériel et la nature du terrain peuvent expliquer cette baisse de rendement. Dans une tentative optimisée, il faudrait chercher ici une meilleure continuité de mouvement, car les gains potentiels sont réels.

Tronçon 16
Tunnel → Eglise
Descente
Durée
0h20'57"
Distance
3,33 km
Dénivelé
-219 m
Vitesse
9,5 km/h
VAM
-626 m/h
Rang 9 / 9 Meilleur : Matheo Jacquemoud Écart au meilleur : +8m 05s Écart à la médiane : +6m 17s

Le dernier tronçon Tunnel → Église est le retour vers Chamonix, souvent moins prestigieux mais chronométriquement décisif. Anne-Lise met 20 min 57 s, dernier temps des passages comparables. Elle perd plus de 8 minutes sur Mathéo Jacquemoud et plus de 6 minutes sur la médiane.

Ce final révèle une limite importante : la capacité à terminer vite lorsque le terrain n'offre plus l'avantage net du ski. Après plus de six heures d'effort, il faut encore courir, relancer, gérer le matériel et maintenir une vitesse élevée jusqu'au porche de l'église. Les meilleurs réussissent à garder une intensité presque de course à pied sur cette fin de parcours.

Pour Anne-Lise, ce dernier secteur coûte cher. Il ne remet pas en cause la qualité globale de sa tentative, mais il explique pourquoi une bonne montée ne se transforme pas en temps final encore plus proche du record féminin. Le bas de la descente est probablement la zone où les marges d'amélioration sont les plus visibles.

Notes méthodologiques

  • · Les comparaisons de rang sont calculées uniquement entre tentatives disposant de passages comparables sur le même tronçon.
  • · Les temps officiels du fichier Excel priment sur les éventuelles différences présentes dans les traces GPX.
  • · Les distances et dénivelés proviennent de l'exploitation des traces GPS et peuvent varier légèrement selon la qualité du signal, les pauses, les transitions et les écarts entre le point GPS le plus proche et le point de passage théorique.
  • · Les analyses interprètent les chiffres à la lumière des options d'itinéraire connues : voie des Grands Mulets, passage par Petit Plateau et Grand Plateau, montée finale par Vallot et arête des Bosses, descente à ski par la face nord puis retour par l'itinéraire de montée.