← Retour aux records

Hommes · À ski  ·  #04 au classement absolu Jack Kuenzle

5 juin 2024  ·  Aller-retour Chamonix – Mont-Blanc – Chamonix.

Temps total
4h59'50"
Au sommet
3h52'11"
Descente
1h07'39"
Distance
32,57 km
VAM montée
973 m/h
V. desc. moy.
3 340 m/h
Voir sur la carte interactive Trace Strava Voir la trace GPX
Synthèse

La tentative de Jack Kuenzle, en 4 h 59 min 50 s, est une performance charnière dans l'histoire récente du record du mont Blanc à ski. Elle passe symboliquement sous les cinq heures et montre qu'avant les chronos de Benjamin Védrines, William Boffelli puis Jacquemoud–Équy, le niveau de référence avait déjà profondément changé. Son temps au sommet, estimé à 3 h 52 min 11 s, est presque identique à celui de Benjamin Védrines, mais la descente est nettement moins rapide. Cette différence explique l'essentiel de l'écart au temps total : Kuenzle monte au niveau des meilleurs de 2025 sur plusieurs secteurs, mais ne convertit pas la descente avec la même efficacité que Védrines ou Boffelli.

Son profil est très intéressant car il n'est pas celui d'une tentative simplement régulière. Jack Kuenzle possède des secteurs extrêmement forts, parfois les meilleurs de toute la base analysée. Il signe notamment le meilleur passage Grands Mulets → Petit Plateau, ce qui est remarquable : ce tronçon est l'un des plus exigeants de la montée, avec une longue progression glaciaire, une pente soutenue et l'altitude qui commence à peser. Il est également très performant dans le haut de l'itinéraire classique, entre Grand Plateau, Vallot et le sommet, où il reste proche des meilleurs. Sa montée n'est donc pas seulement solide : elle contient des moments de très haut niveau qui expliquent pourquoi il atteint le sommet presque dans les mêmes temps que Védrines.

Le début de course est plus contrasté. Entre l'église et le Tunnel, Kuenzle est exactement dans la médiane de l'échantillon ; il ne part pas aussi fort que Védrines ou Jacquemoud. En revanche, dès Tunnel → La Para, il accélère fortement et affiche une VAM supérieure à 1 300 m/h, l'un des meilleurs passages comparables. Cela suggère une montée qui se met progressivement en place : départ contrôlé, puis vraie puissance verticale lorsque la pente devient plus sérieuse. Cette façon de construire l'effort diffère de Védrines, plus offensif dès le départ, et de Boffelli, très homogène sur presque toute la montée.

La partie glaciaire médiane est elle aussi contrastée. Kuenzle est très bon entre Glacier des Bossons et La Jonction, mais beaucoup moins efficace entre La Jonction et les Grands Mulets, où il se classe seulement huitième sur neuf. Cette faiblesse relative est importante, car ce secteur est souvent lié à la qualité de la ligne dans les zones crevassées et aux choix de passage à La Jonction. La performance n'y est pas mauvaise en valeur absolue, mais elle est nettement moins fluide que celle de Védrines, qui signe le meilleur temps sur ce tronçon. Kuenzle semble donc alterner des passages de très grande puissance avec des secteurs où le terrain ou les conditions le contraignent davantage.

Au-dessus des Grands Mulets, la tentative devient excellente. Le passage Grands Mulets → Petit Plateau, meilleur de l'échantillon, est probablement le cœur sportif de sa montée. Il y maintient une VAM supérieure à 1 120 m/h, ce qui est exceptionnel à ce stade de l'effort. Puis, même s'il perd un peu de temps entre Petit Plateau et Grand Plateau, il redevient extrêmement compétitif entre Grand Plateau et Vallot, deuxième meilleur passage comparable, puis dans le final Vallot → Sommet, troisième meilleur passage comparable. Cela montre que son choix de passer par Vallot et l'arête des Bosses était très rentable dans ces conditions. Contrairement à Védrines, qui tente l'option plus directe du Corridor, Kuenzle reste sur l'itinéraire classique et parvient à y maintenir une efficacité remarquable.

La descente explique en revanche pourquoi son chrono reste juste au-dessus des références ultérieures. Kuenzle descend vite, mais pas au niveau de Védrines dans les premières grandes pentes. Sur Sommet → Grand Plateau, il perd plus de quatre minutes sur Védrines ; sur Petit Plateau → La Jonction, il lui rend encore environ une minute. Dans une descente totale d'un peu plus d'une heure, ces écarts sont considérables. Pourtant, Kuenzle n'est pas faible en descente : il est deuxième sur Grand Plateau → Petit Plateau, quatrième sur La Jonction → Glacier des Bossons, et il signe même le meilleur passage La Para → Tunnel. Son problème n'est donc pas une mauvaise descente globale, mais une descente moins explosive dans la haute face nord que celle des meilleurs spécialistes.

La fin de descente est l'un de ses points forts. Sur La Para → Tunnel, Kuenzle est le meilleur de l'échantillon, ce qui montre une efficacité remarquable dans les zones basses et hybrides où l'avantage du ski devient moins évident. Ce passage est très instructif : beaucoup d'athlètes perdent du temps lorsque la glisse cesse d'être continue, mais Kuenzle parvient à garder un rendement excellent. Il est également rapide sur le retour Tunnel → Église, même s'il ne domine pas totalement ce final.

En résumé, Jack Kuenzle réalise une tentative très complète, mais avec une répartition des forces différente des records qui suivront. Sa montée est d'un niveau comparable aux meilleures références de 2025, avec un passage exceptionnel entre les Grands Mulets et le Petit Plateau et un haut de montagne très solide par Vallot. Sa descente est rapide, notamment dans les secteurs bas, mais elle n'a pas la violence ni la continuité de celle de Védrines dans la haute face nord. C'est précisément cette différence qui explique l'écart au temps total. Kuenzle représente donc une référence fondamentale : il montre qu'un temps sous les cinq heures est possible avec l'itinéraire classique, mais aussi qu'il faut une descente presque parfaite pour descendre nettement sous 4 h 50.

Tronçon par tronçon

Décomposition de la course

Tronçon 01
Eglise → Tunnel
Montée
Durée
0h19'37"
Distance
3,40 km
Dénivelé
+218 m
Vitesse
10,4 km/h
VAM
666 m/h
Rang 5 / 9 Meilleur : Matheo Jacquemoud Écart au meilleur : +2m 32s Écart à la médiane : 0″

Le départ de Jack Kuenzle entre l'église de Chamonix et le Tunnel est solide mais pas agressif. Avec 19 min 37 s, il se situe exactement au niveau médian des tentatives comparables. Il ne cherche donc pas à créer immédiatement un écart sur la portion basse, contrairement à Benjamin Védrines ou Mathéo Jacquemoud, qui partent beaucoup plus vite sur ce secteur roulant.

Cette portion est souvent trompeuse. Elle n'a pas encore la technicité de la haute montagne, mais elle permet aux meilleurs de gagner du temps sans trop puiser dans les réserves si les jambes répondent bien. Kuenzle y reste dans une logique de mise en route : la vitesse moyenne dépasse tout de même 10 km/h, ce qui est très rapide avec le matériel de ski, mais il laisse déjà environ 2 min 32 s au meilleur passage comparable.

Stratégiquement, ce départ peut se comprendre. Kuenzle semble construire sa tentative plus progressivement, avec une montée qui deviendra très forte plus haut, notamment au-dessus des Grands Mulets. Il ne compromet pas sa performance ici, mais il ne prend pas non plus l'avantage initial que d'autres records plus rapides sauront exploiter.

Tronçon 02
Tunnel → La Para
Montée
Durée
0h19'27"
Distance
1,51 km
Dénivelé
+428 m
Vitesse
4,7 km/h
VAM
1 320 m/h
Rang 3 / 9 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : +1m 05s Écart à la médiane : −27s

Le tronçon Tunnel → La Para marque le premier vrai changement de pente, et Jack Kuenzle y montre immédiatement une très grande puissance verticale. Il met 19 min 27 s, avec une VAM supérieure à 1 320 m/h. C'est l'un des meilleurs passages comparables, seulement 1 min 05 s derrière William Boffelli.

Ce secteur montre que Kuenzle n'est pas simplement dans une stratégie prudente : dès que la pente devient plus verticale, il accélère franchement. La différence avec son départ plus mesuré est nette. Il semble préférer économiser un peu sur le bas roulant, puis imposer une montée très forte dès que le terrain correspond davantage à un effort de skieur-alpiniste.

Dans la comparaison globale, ce passage est un vrai point fort. Il est plus rapide que la médiane et rivalise avec les meilleurs hommes à ski. C'est l'un des premiers indices de la qualité de sa montée, qui restera l'élément le plus impressionnant de sa tentative.

Tronçon 03
La Para → Glacier des Bossons
Montée
Durée
0h49'08"
Distance
3,14 km
Dénivelé
+826 m
Vitesse
3,8 km/h
VAM
1 009 m/h
Rang 5 / 9 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : +6m 43s Écart à la médiane : 0″

Le secteur La Para → Glacier des Bossons est l'un des premiers grands filtres de l'itinéraire. La pente reste soutenue, l'accès au glacier impose des choix de ligne, et les conditions de neige peuvent fortement modifier le rendement. Jack Kuenzle y réalise un passage médian, en 49 min 08 s, avec une VAM légèrement supérieure à 1 000 m/h.

En valeur absolue, c'est une très bonne montée. Mais dans cet échantillon très relevé, ce passage ne suffit pas à créer un avantage. Il perd 6 min 43 s sur William Boffelli, qui est particulièrement efficace sur cette partie. Ce secteur illustre bien la différence entre Kuenzle et Boffelli : Kuenzle a des coups d'éclat plus haut, mais Boffelli construit une montée plus homogène et plus régulière dès les sections d'accès.

Sur le terrain, ce passage peut être coûteux si la trace n'est pas optimale ou si l'on doit gérer des transitions moins fluides. Kuenzle ne s'y effondre pas, loin de là, mais il ne transforme pas cette partie en secteur de gain. Sa tentative reste donc encore ouverte : il n'a pas perdu le record, mais il n'a pas encore pris la main.

Tronçon 04
Glacier des Bossons → La Jonction
Montée
Durée
0h12'59"
Distance
1,35 km
Dénivelé
+213 m
Vitesse
6,2 km/h
VAM
984 m/h
Rang 2 / 9 Meilleur : Samuel Equy Écart au meilleur : +53s Écart à la médiane : −51s

Glacier des Bossons → La Jonction est un passage court mais techniquement très significatif. La trajectoire peut varier selon l'état des crevasses, les ponts de neige et le choix entre une traversée plus haute ou plus basse. Kuenzle y signe le deuxième meilleur temps comparable, en 12 min 59 s, à seulement 53 secondes de Samuel Équy.

Ce secteur montre une excellente lecture du terrain. La vitesse moyenne dépasse 6 km/h malgré un dénivelé positif non négligeable, et la VAM approche 1 000 m/h. Dans une zone aussi irrégulière, ce n'est pas seulement une affaire de puissance : il faut choisir la bonne ligne, éviter les hésitations et garder la trace sans casser le rythme.

C'est un point fort net de sa tentative. Après un tronçon précédent plus médian, Kuenzle reprend ici de la qualité relative. Il montre qu'il peut être très efficace dans les zones glaciaires complexes, ce qui rend d'autant plus intéressante sa perte relative sur le tronçon suivant vers les Grands Mulets.

Tronçon 05
La Jonction → Grands Mulets
Montée
Durée
0h20'40"
Distance
1,32 km
Dénivelé
+322 m
Vitesse
3,8 km/h
VAM
935 m/h
Rang 8 / 9 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : +5m 02s Écart à la médiane : +2m 09s

La Jonction → Grands Mulets est paradoxalement l'un des secteurs les moins favorables de Jack Kuenzle dans la montée. Il réalise 20 min 40 s, ce qui reste très correct en valeur absolue, avec une VAM de 935 m/h, mais il se classe seulement huitième sur neuf passages comparables.

Ce contraste avec le tronçon précédent est frappant. Kuenzle vient de traverser efficacement la zone du glacier des Bossons vers La Jonction, mais perd ensuite plus de cinq minutes sur Benjamin Védrines, meilleur sur La Jonction → Grands Mulets. Cela suggère soit un choix de ligne moins direct, soit une portion où la trace, les crevasses ou les conditions de neige ont cassé le rythme.

Dans la logique du record, ce secteur est un petit point faible. Il n'est pas assez long pour ruiner la tentative, mais il montre que Kuenzle n'a pas eu la fluidité parfaite dans toute la traversée glaciaire. Védrines, au contraire, se distingue précisément ici par une lecture très offensive du terrain. Ce type d'écart explique pourquoi deux montées très proches au sommet peuvent avoir des profils internes très différents.

Tronçon 06
Grands Mulets → Petit Plateau
Montée
Durée
0h30'37"
Distance
2,04 km
Dénivelé
+575 m
Vitesse
4,0 km/h
VAM
1 126 m/h
Rang 1 / 8 Meilleur : Jack Kuenzle Écart au meilleur : 0″ Écart à la médiane : −5m 14s

Grands Mulets → Petit Plateau est le grand coup d'éclat de Jack Kuenzle à la montée. Il signe le meilleur passage de toute la base comparable, en 30 min 37 s, avec une VAM de 1 126 m/h. Ce résultat est remarquable parce que ce tronçon intervient déjà haut dans l'effort, après l'approche, La Jonction et la montée au refuge.

Ce secteur est un juge de paix. La pente est soutenue, l'altitude commence à peser, et la progression à ski demande une excellente économie de mouvement. Kuenzle y est supérieur à tous les autres, y compris aux futurs recordmen. Il gagne plus de cinq minutes sur la médiane, ce qui est énorme sur une tentative de moins de cinq heures.

Sur le terrain, cela indique une phase de montée très fluide, probablement avec une trace exploitable et une capacité à maintenir un rythme élevé sans rupture. C'est le passage qui explique le mieux pourquoi son temps au sommet est aussi proche de celui de Védrines. Même si sa tentative perdra du temps plus tard en descente, ce tronçon reste une référence absolue pour comprendre la performance de montée à ski sur l'itinéraire des Grands Mulets.

Tronçon 07
Petit Plateau → Grand Plateau
Montée
Durée
0h17'52"
Distance
1,14 km
Dénivelé
+287 m
Vitesse
3,8 km/h
VAM
963 m/h
Rang 5 / 8 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : +1m 35s Écart à la médiane : +24s

Après son excellent passage vers le Petit Plateau, Jack Kuenzle revient à un niveau plus médian entre Petit Plateau et Grand Plateau. Il met 17 min 52 s, avec une VAM de 963 m/h, ce qui reste très élevé à cette altitude, mais il perd 1 min 35 s sur William Boffelli.

Ce tronçon montre que Kuenzle n'est pas constamment au meilleur niveau de la base, même dans une montée très forte. Après un secteur exceptionnel, il cède un peu de temps. Cela peut venir d'une simple gestion de l'effort : après une grosse accélération au-dessus des Grands Mulets, il est logique de stabiliser le rythme.

Dans l'ensemble, ce passage n'est pas un point faible majeur. Il reste proche de la médiane et conserve un niveau compatible avec une montée sous les quatre heures. Mais il illustre la différence entre une tentative à coups d'éclat et une tentative parfaitement linéaire comme celle de Boffelli ou de Jacquemoud–Équy.

Tronçon 08
Grand Plateau → Vallot
Montée
Durée
0h28'17"
Distance
1,73 km
Dénivelé
+440 m
Vitesse
3,7 km/h
VAM
934 m/h
Rang 2 / 7 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : +27s Écart à la médiane : −2m 16s

Grand Plateau → Vallot est l'un des meilleurs tronçons de Jack Kuenzle dans le haut de l'itinéraire. Il monte en 28 min 17 s, deuxième meilleur passage comparable, à seulement 27 secondes de William Boffelli. C'est une performance très importante, car ce secteur est à la fois haut, soutenu et stratégique.

Le choix de passer par Vallot et l'arête des Bosses se révèle ici très efficace. Contrairement à Benjamin Védrines, qui prendra l'option du Corridor, Kuenzle reste sur la ligne classique et montre qu'elle peut être extrêmement rapide lorsque les conditions et le rythme sont bons. Sa VAM de 934 m/h à cette altitude est remarquable.

Ce passage est l'un des arguments forts en faveur de l'itinéraire classique. Le Corridor peut être plus direct, mais il n'est pas forcément plus rentable. Kuenzle prouve que Grand Plateau → Vallot peut être avalé très vite, avec une progression fluide et sans exposition supplémentaire inutile. C'est l'un des secteurs où sa tentative rivalise pleinement avec les meilleurs records ultérieurs.

Tronçon 09
Vallot → Sommet
Montée
Durée
0h33'34"
Distance
1,57 km
Dénivelé
+456 m
Vitesse
2,8 km/h
VAM
814 m/h
Rang 3 / 8 Meilleur : William Boffelli Écart au meilleur : +1m 15s Écart à la médiane : −7m 51s

Le final Vallot → Sommet confirme la qualité exceptionnelle de la montée de Jack Kuenzle. Il réalise 33 min 34 s, troisième meilleur passage comparable, à seulement 1 min 15 s de William Boffelli. À cette altitude, avec plus de 450 m de dénivelé positif, c'est un temps de très haut niveau.

Ce passage est particulièrement révélateur, car beaucoup d'athlètes ralentissent fortement au-dessus de Vallot. L'altitude, la fatigue et la technicité de l'arête des Bosses rendent la progression beaucoup plus coûteuse. Kuenzle, lui, conserve une VAM supérieure à 800 m/h, ce qui indique une excellente résistance à l'altitude et une très bonne efficacité gestuelle.

Ce tronçon renforce l'idée que sa montée est presque au niveau des meilleurs records. Il n'est pas seulement rapide dans les pentes inférieures : il sait finir fort sur l'itinéraire classique. Si sa descente avait été aussi dominatrice que celle de Védrines, son temps final aurait pu être beaucoup plus proche des meilleures références absolues.

Tronçon 10
Sommet → Grand Plateau
Bascule sommet
Durée
0h11'01"
Distance
2,82 km
Dénivelé
-885 m
Vitesse
15,4 km/h
VAM
-4 821 m/h
Rang 5 / 8 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : +4m 07s Écart à la médiane : +39s

La bascule Sommet → Grand Plateau est le premier secteur où la tentative de Jack Kuenzle perd une partie de son avantage potentiel. Il descend en 11 min 01 s, ce qui est rapide en valeur absolue, mais il concède plus de 4 minutes à Benjamin Védrines, meilleur passage comparable.

Cette différence est majeure. Kuenzle avait atteint le sommet dans un temps presque identique à Védrines, mais il ne quitte pas l'altitude avec la même violence. Védrines transforme immédiatement la pente en gain chronométrique, tandis que Kuenzle reste dans une descente plus contrôlée ou moins favorable.

Les conditions peuvent jouer un rôle déterminant sur ce type de tronçon : qualité de neige, lisibilité de la trace, vent au sommet ou encore état de la pente sommitale. Une neige plus dure ou plus irrégulière peut inciter à plus de prudence, là où une neige idéale permet d'engager immédiatement. Il est donc probable que Kuenzle ait dû composer avec un terrain moins favorable ou qu'il ait choisi de sécuriser davantage sa trajectoire.

Quoi qu'il en soit, ce passage est structurant pour sa tentative. Il ne s'agit pas d'un effondrement, mais d'un différentiel clé avec les meilleurs. Dans un record aussi serré, perdre plusieurs minutes dès la sortie du sommet oblige ensuite à une descente parfaite pour compenser. Kuenzle restera très performant ensuite, mais cette bascule initiale explique en grande partie pourquoi sa tentative ne descend pas plus bas au classement final.

Tronçon 11
Grand Plateau → Petit Plateau
Descente
Durée
0h02'21"
Distance
0,98 km
Dénivelé
-285 m
Vitesse
25,1 km/h
VAM
-7 270 m/h
Rang 3 / 9 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : +36s Écart à la médiane : −11s

Sur le tronçon Grand Plateau → Petit Plateau, Jack Kuenzle retrouve une dynamique de descente beaucoup plus compétitive. Avec 2 min 21 s, il se place troisième des passages comparables, à seulement 36 secondes de Benjamin Védrines. La vitesse verticale négative dépasse les -7 200 m/h, ce qui traduit une descente très engagée et fluide.

Ce passage montre que la bascule depuis le sommet n'était pas le reflet de l'ensemble de sa descente. Une fois installé dans une pente plus lisible et moins exposée, Kuenzle est capable d'exploiter pleinement ses qualités de skieur. Il se rapproche ici du niveau des meilleurs et dépasse même légèrement la médiane.

Ce tronçon illustre bien l'importance du terrain dans la descente. Là où la sortie directe du sommet peut nécessiter prudence et adaptation, les plateaux permettent une expression plus pure de la vitesse. Kuenzle y est performant, ce qui confirme que sa descente globale n'est pas déficiente, mais plutôt inégale selon les secteurs.

Tronçon 12
Petit Plateau → La Jonction
Descente
Durée
0h08'58"
Distance
2,73 km
Dénivelé
-892 m
Vitesse
18,3 km/h
VAM
-5 974 m/h
Rang 4 / 9 Meilleur : Benjamin Védrines Écart au meilleur : +2m 14s Écart à la médiane : −21s

Le tronçon Petit Plateau → La Jonction confirme la bonne tenue de Jack Kuenzle dans la descente intermédiaire. Avec 8 min 58 s, il se classe quatrième, légèrement meilleur que la médiane. Sa vitesse verticale négative proche de -6 000 m/h montre une descente très efficace sur une portion pourtant longue et techniquement exigeante.

Il concède environ 2 min 14 s à Benjamin Védrines, ce qui reste significatif mais bien moindre que sur la bascule initiale. Ce secteur nécessite une grande continuité : il ne suffit pas d'aller vite ponctuellement, il faut maintenir la vitesse sur toute la pente glaciaire.

Kuenzle démontre ici qu'il est capable d'enchaîner proprement après le sommet. Il n'atteint pas la fluidité extrême des meilleurs, mais il reste dans un rythme élevé. Cela permet de stabiliser son chrono après la perte initiale et de rester dans une descente globalement compétitive.

Tronçon 13
La Jonction → Glacier des Bossons
Descente
Durée
0h02'20"
Distance
1,32 km
Dénivelé
-205 m
Vitesse
34,0 km/h
VAM
-5 268 m/h
Rang 3 / 9 Meilleur : Samuel Equy Écart au meilleur : +23s Écart à la médiane : −2s

La Jonction → Glacier des Bossons est un tronçon très rapide, où les écarts sont faibles mais révélateurs de la qualité de glisse. Jack Kuenzle y réalise un très bon passage en 2 min 20 s, troisième temps comparable, à seulement 23 secondes du meilleur.

Ce secteur confirme que, dès que la trajectoire devient directe et que la neige permet une glisse franche, Kuenzle est pleinement dans le jeu des meilleurs. La vitesse moyenne dépasse 33 km/h, ce qui est extrêmement élevé pour ce type de terrain glaciaire.

Ce passage est un point fort de sa descente. Il montre que la perte initiale depuis le sommet n'est pas liée à un manque de technique ou de vitesse globale, mais probablement à des conditions spécifiques ou à une gestion plus prudente de la sortie sommitale.

Tronçon 14
Glacier des Bossons → La Para
Descente
Durée
0h18'02"
Distance
2,87 km
Dénivelé
-819 m
Vitesse
9,6 km/h
VAM
-2 723 m/h
Rang 2 / 9 Meilleur : Matheo Jacquemoud Écart au meilleur : +1m 37s Écart à la médiane : −2m 58s

Le tronçon Glacier des Bossons → La Para est l'un des meilleurs passages de Jack Kuenzle sur la descente basse. Il se classe deuxième, à moins de 1 min 40 s de Mathéo Jacquemoud, qui excelle dans ces sections hybrides.

Ce secteur est particulièrement intéressant car il marque la transition entre le ski pur et les portions plus mixtes. Kuenzle y démontre une excellente capacité à conserver de la vitesse malgré la dégradation du terrain. Sa vitesse moyenne reste élevée, et il gagne du temps sur la majorité des autres tentatives.

Ce passage est un élément clé de sa descente. Là où d'autres perdent beaucoup dans ces zones complexes, Kuenzle parvient à maintenir une progression fluide. Cela compense en partie la perte subie sur la bascule sommitale et contribue à une descente globalement solide.

Tronçon 15
La Para → Tunnel
Descente
Durée
0h08'42"
Distance
1,30 km
Dénivelé
-426 m
Vitesse
9,0 km/h
VAM
-2 940 m/h
Rang 1 / 9 Meilleur : Jack Kuenzle Écart au meilleur : 0″ Écart à la médiane : −1m 53s

La Para → Tunnel est l'un des passages les plus impressionnants de Jack Kuenzle dans la descente basse. Il signe le meilleur temps de l'échantillon, en 8 min 42 s, avec une vitesse verticale proche de -2 940 m/h.

Ce secteur est souvent piégeux : terrain moins skiant, transitions fréquentes, nécessité de relancer constamment. Kuenzle y excelle. Il parvient à transformer une portion théoriquement défavorable au ski en véritable zone de gain chronométrique.

Cette performance est déterminante dans sa tentative. Elle montre une très grande maîtrise des transitions et une capacité à rester efficace même lorsque le terrain n'est plus optimal pour la glisse. C'est typiquement le genre de tronçon qui fait la différence dans les temps finaux.

Tronçon 16
Tunnel → Eglise
Descente
Durée
0h13'18"
Distance
3,05 km
Dénivelé
-217 m
Vitesse
13,8 km/h
VAM
-979 m/h
Rang 3 / 9 Meilleur : Matheo Jacquemoud Écart au meilleur : +1m 16s Écart à la médiane : −28s

Le dernier tronçon Tunnel → Église est très solide pour Jack Kuenzle. Il se classe troisième des passages comparables, à un peu plus d'une minute du meilleur temps de Mathéo Jacquemoud. La vitesse moyenne dépasse 13 km/h, ce qui montre une excellente capacité à terminer fort.

Ce secteur est crucial car il intervient après plusieurs heures d'effort et une descente déjà engagée. Beaucoup d'athlètes y perdent du temps en raison de la fatigue ou des transitions finales. Kuenzle, au contraire, maintient une vitesse élevée jusqu'au bout.

Ce final confirme la qualité globale de sa descente. Malgré une bascule sommitale moins rapide que celle de Védrines, il compense largement dans les sections intermédiaires et basses. Il termine sa tentative avec une vraie continuité, ce qui est une caractéristique des performances de très haut niveau sur ce type de défi.

Notes méthodologiques

  • · Les comparaisons de rang sont calculées uniquement entre tentatives disposant de passages comparables sur le même tronçon.
  • · Les temps officiels du fichier Excel priment sur les éventuelles différences présentes dans les traces GPX.
  • · Les distances et dénivelés proviennent de l'exploitation des traces GPS et peuvent varier légèrement selon la qualité du signal, les pauses, les transitions et les écarts entre le point GPS le plus proche et le point de passage théorique.
  • · Les analyses interprètent les chiffres à la lumière des options d'itinéraire connues : voie des Grands Mulets, passage par Petit Plateau et Grand Plateau, montée finale par Vallot et arête des Bosses (contrairement à Védrines), descente à ski par la face nord puis retour par l'itinéraire de montée.